Portrait-robot du nouveau directeur général
Qui sont les directeurs généraux des plus grandes sociétés mondiales ? Russell Reynolds Associates a publié aujourd’hui son étude sur le sujet à partir du parcours de plus de 1 000 CEO, dont 556 sont encore en poste. « Les résultats montrent une évolution des critères de sélection des conseils d’administration pour recruter un DG dans un contexte économique marqué par deux dynamiques fortes », soulignent les auteurs. A savoir : des entreprises de plus en plus grandes et complexes et des positions de leadership de plus en plus instables, avec, par exemple, une durée moyenne de présence au sein du S&P 500 passée de 60 à 18 ans en 50 ans.
Dans le détail qu'en est-il pour l'Hexagone ? Le patron d'une grande entreprise a en moyenne 50,5 ans et est détenteur d'un diplôme d'études supérieures (à 80%). Les experts notent que, globalement, les CEO doivent attendre de plus en plus longtemps avant de cumuler les rôles de Président et DG, lorsque ceux-ci ne sont pas séparés. En France, où la tradition est plus établie d’avoir des PDG par rapport au reste de l'Europe, 62% des patrons cumulent les deux rôles. Néanmoins, seulement 30% des DG nommés depuis 2012 ont ce double privilège.
Contrairement à la tendance aux Etats-Unis et en Europe, les patrons sont 33% à avoir passé l’ensemble de leur carrière au sein de la même société, contre 21% pour leurs prédécesseurs. Ce qui ne suit pas la logique actuelle, comme celle constatée en Allemagne, où seulement 12% des CEO sont des « company lifers », contre 42% auparavant. En ce qui concerne les recrutements qui sont faits à l’extérieur de l’entreprise, ces derniers sont passés de 34% (pour ceux engagés avant 2012) à 44% pour l’Hexagone. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, les chiffres sont respectivement de 13% et 19%.
Qui sont ces hommes venus d’une autre firme ? « Piloter un compte de résultat est l’une des expériences indispensables pour être nommé DG. Cela peut-être à la tête d’une filiale, d’un département, d’une division pays, mais c’est ce que recherche en priorité les conseils d’administration », constate l’étude. En France, ce sont d’abord les directeurs de filiale ou de business unit qui sont plébiscités (76%), viennent ensuite les CEO/DG d’une précédente entreprise (62%), puis les directeurs de zone géographique (40%).
Autre enseignement de cette étude : ces patrons venus de l’extérieur, dans le cadre d’un plan de succession, restent en moyenne plus longtemps que les autres. Ainsi, en France, un DG nommé dans les trois ans suivant son recrutement dans l’entreprise a « une espérance de vie » de 12,4 ans, contre 7,6 ans pour un candidat qui y a passé plus de 20 ans.
En ce qui concerne l’international, aux Etats-Unis seuls 26% des CEO ont vécu une expérience à l’étranger avant leur nomination, contre 40% au Canada et 69% en Europe. En revanche, les statistiques de diversités ne sont pas saillantes : en Europe et aux US, seuls 3% des DG sont issus d’une minorité ethnique et seulement 1% sont des femmes sur le Vieux Continent.
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