Chocs financiers : les émergents doivent miser sur une bonne gouvernance d’entreprise
En règle générale, la gouvernance d’entreprise et la protection des investisseurs se sont améliorées dans les pays émergents ces deux dernières décennies, selon une étude publiée il y a quelques jours par le FMI. Les experts ont constaté ce pas en avant, tant au niveau des indicateurs pays que ceux de l’entreprise. Ainsi, l’Europe centrale et orientale a doublé la protection des actionnaires minoritaires, tandis que les pays d’Asie (hors Japon) ont vu s’accroître cette protection de 25%. Les évolutions ne se sont donc pas faites de manière homogène et les auteurs poussent les différents territoires à élever encore un peu plus leurs standards afin d’améliorer leur résistance aux chocs financiers.
« Les pays émergents ont accru leur intégration financière au reste du monde, ils bénéficient ainsi d’un meilleur accès aux capitaux, mais ils sont aussi davantage exposés aux chocs financiers », constate le FMI. Or, les crises financières des principaux pays émergents ont mis en évidence l'impact des insuffisances en matière de gouvernance d’entreprise sur l’instabilité financière, ajoutent les auteurs. « Les entreprises mal gouvernées ont connu des fortes baisses de leurs actions lorsque les marchés financiers ont été dans des périodes de tourmente, par exemple, lors de la réaction autour du vote pour le Brexit », explique Gaston Gelos du FMI.
A l’inverse, une bonne gouvernance d’entreprise accroît l’efficience des marchés boursiers, ce qui rend le cours des actions moins sensible aux chocs externes et réduit le risque de krach, précisent les experts. Par exemple, passer de la valeur la plus basse à la plus haute d’un indicateur au niveau du pays ou de l’entreprise diminue d’environ 50%, en moyenne, l’effet d’un choc mondial pour les entreprises des pays émergents. Ainsi, les pays les mieux dotés en matière de gouvernance d’entreprise et de protection des investisseurs ont généralement des entreprises aux bilans plus solides. Les sociétés les mieux gouvernées affichent des ratios d’endettement à court terme et des probabilités de défaut plus faibles et elles sont capables d’emprunter à long terme. Elles sont donc moins vulnérables en cas d’assèchement du financement.
S’il n’y a pas de recette unique et miracle pour élever le niveau, le FMI donne tout de même la liste des ingrédients sur lesquels les pays et les entreprises doivent tabler. L’institution cite ainsi les réformes des cadres juridiques et institutionnels des Etats, l’application de cadres de gouvernance d’entreprise, la consolidation des droits des investisseurs extérieurs, les obligations d’informations, l’indépendance du conseil etc.
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