Activistes: les pontes de Wall Street concoctent un code de bonne conduite
Jamie Dimon, qui n’a pas hésité à allouer 26 millions de dollars de sa propre fortune pour racheter des actions JP Morgan en baisse de 20% depuis le début de l’année, investit non seulement dans l’avenir de sa banque mais aussi du secteur, face à de nouveaux défis. Selon l’AFP, le dirigeant serait ainsi à l’initiative d’une réflexion de groupe au sein de Wall Street afin de rédiger un code de bonnes pratiques de gouvernance des sociétés cotées. Depuis août dernier, il organiserait des réunions au sein du siège social de JP Morgan, sur Park Avenue à New York, avec de grands noms de Wall Street comme Laurence Fink, le patron de BlackRock, l’oracle d’Omaha Warren Buffett, Abigail Johnson à la tête de Fidelity mais aussi d’autres patrons de hedge funds comme Vanguard et Capital Group et le fonds de pension canadien, CPPIB. Une première ébauche aurait été faite, avant un texte définitif d’ici deux à trois mois.
Le document devrait fournir des réponses précieuses sur le nombre idéal de membres d’un conseil d’administration et notamment l’intérêt de limiter l’âge d’exercice à 65 ans, la nécessité ou non de séparer les fonctions de président et directeur général, les critères de rémunération des patrons de sociétés cotées, le rythme de publication des résultats ou encore l’opportunité de formuler des prévisions à court terme. Si le texte ne prévoira pas d’obligations, l’idée est qu’il obtienne l’appui de grands investisseurs à Wall Street, de sorte qu’il devienne incontournable pour les dirigeants de sociétés du S&P 500. Avec ses 4 600 milliards de dollars sous gestion, BlackRock a une voix prépondérante dans le système, tout comme Warren Buffett, actionnaire de nombre de grands noms de la cote américaine.
L’objectif non avoué de ce nouveau code de conduite est d’organiser la défense de grands actionnaires, qui ont été un peu dépassés par la montée en puissance et l’agressivité des activistes ces dernières années. Les Carl Icahn, Bill Ackman et autres Nelson Peltz prennent une position minoritaire et font grand bruit pour réclamer des spin-off, changements de management et autres retours aux actionnaires afin de créer de la valeur rapidement. Ils ont obtenu des concessions de la part des plus grands noms de la cote comme Apple, Yahoo, Pepsi et eBay et ont poussé vers la sortie les dirigeants de DuPont et Dow Chemical.
Les fonds de pension et souverains ont pris le relais depuis peu et réclament de plus en plus de transparence, notamment sur les rémunérations des dirigeants, et sont appuyés par les agences de conseil en vote, ISS et Proxinvest. Jamie Dimon y a lui même été confronté lorsqu’une résolution soutenue par le fonds souverain de Norvège a réclamé qu’il soit privé de sa fonction de président de JP Morgan. Il a donc lui aussi tout intérêt à déminer les potentiels sujets de conflits pour préserver sa position, mais aussi se montrer à la tête d’un mouvement bien accueilli par les acteurs de marché.
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