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De nouvelles méthodes de gouvernance pour Engie

Gérard Mestrallet est appelé à rester encore 2 ans chez Engie en tant que président non exécutif. Une façon habile de préparer sa succession qui devrait convaincre d'autres groupes d'en faire autant.
Gérard Mestrallet / Isabelle Kocher
Gérard Mestrallet / Isabelle Kocher

Les sujets de gouvernance sont décidément à l’honneur ces derniers temps. Le dernier exemple en date en dit long sur les nouvelles tendances retenues par les entreprises. En choisissant de nommer pour deux ans encore Gérard Mestrallet au poste de président non exécutif d’Engie aux côtés d’Isabelle Kocher promise à celui de directrice générale, le groupe de services énergétiques met effectivement en pratique un modus operandi de plus en plus prisé par les grands gourous de la bonne gouvernance. Même si statistiquement les directions duales sont encore minoritaires parmi les grands groupes.

En ce qui concerne Engie, cette dissociation des pouvoirs était dans l’air du temps depuis pas mal de temps. Il faut dire que l’entreprise est tentaculaire, qu’elle est à la tête d’un nombre de filiales impressionnant et que sa construction est très compliquée. Il est donc précieux de garder au plus haut niveau un responsable qui connaît parfaitement le groupe et pourra s’occuper de sujets bien précis comme l’environnement réglementaire ou les contacts avec les différents Etats, comme le fait remarquer un banquier pour qui cette décision fait preuve d’une belle avancée en matière de gouvernance.

Reste à bâtir des relations équilibrées entre les deux, certains faisant remarquer qu’Isabelle Kocher pourrait prendre ombrage de la mise en œuvre de cette direction bicéphale qui aurait été décidée pour compenser un manque d’expérience et/ou d’expertise. En interne, pourtant, elle est très appréciée tant pour ses qualités de meneuse d’équipe que pour sa vision du groupe. 2016 devrait d’ailleurs être l’année des grands bouleversements chez Engie en passe d’arbitrer un certain nombre de ses actifs et d’activités pour tendre davantage vers les énergies renouvelables. Opérations qui feront, à n’y pas douter, les choux gras des banquiers d’affaires.

Cette dissociation des pouvoirs est, de toute manière, amenée à faire des émules au sein des grandes entreprises. Pour une raison fort logique : il est de l’intérêt des sociétés de ne pas perdre du jour au lendemain les hommes et les femmes connaissant parfaitement tous les rouages de la maison. D’autres exemples devraient suivre. A commencer par Publicis où le thème de la succession de Maurice Lévy est régulièrement entretenu sans qu’il n'ait encore débouché sur une décision ferme. Il est très vraisemblable que lorsqu’il sentira l’heure venue, l’homme fort du groupe publicitaire organisera une transition en douceur du même acabit, endossant les habits d’un responsable non exécutif, tout en laissant la direction générale à un plus jeune poulain.

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