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Draghi maintient les robinets à flots
Malgré l'amélioration des perspectives économiques et du climat des affaires dans l'ensemble de la zone euro, la BCE a adopté une position prudente aujourd'hui, lors de réunion de sa réunion de politique monétaire mensuelle. Et a préféré maintenir tous les outils d'assouplissement quantitatif en place, estimant qu'il serait prématuré d'entamer un resserrement dans le contexte actuel. Certes, par rapport à la réunion de mars, les gouverneurs ont souligné une amélioration de la conjoncture, avec une "reprise solide et étendue". Ainsi, l'indice qui permet de mesurer la répartition de la croissance à travers les différents pays de la zone euro a atteint un plus haut depuis 1997, tandis que les PMI ont grimpé à des niveaux historiques, confortés par un taux de chômage au plus bas depuis 2009 (même s'il reste situé à 9%). Par ailleurs, les créations d'emplois ont atteint 4 millions sur les trois dernières années et demi, compensant le nombre de jobs détruits pendant la crise.
Malgré ces signaux très encourageants, Mario Draghi a estimé que les risques entourant la croissance de la zone euro restaient orientés à la hausse, principalement en raison de "l'environnement global". A ce titre, si le président a refusé de commenter les risques liés à une victoire de Marine Le Pen le 7 mai, déclarant que la BCE ne pouvait baser ses décisions sur des conjectures politiques, il a en revanche mentionné les menaces liées à la sortie du Royaume-Uni de l'UE. "Nous ne devrions surtout pas penser que les risques relatifs au Brexit sont derrière nous. La sortie de la Grande-Bretagne aura des conséquences sur les perspectives de croissance de l'UE", a t-il déclaré, ajoutant que la durée et la tournure que prendraient les négociations seraient source d'incertitude pour l'économie.
Il reste que la décision de maintenir les taux directeurs inchangés (à respectivement 0%, 0,25% et -0,4% pour le refi, le taux de prêt et de dépôt) et de conserver les achats de titres à 60 milliards d'euros par mois jusqu'à fin décembre 2017 au moins, résulte principalement de perspectives d'inflation encore incertaines. "Notre mandat est l'inflation, pas la croissance", a-t-il répliqué à un journaliste qui lui demandait s'il ne prenait pas le même risque qu'en 2008, en restant focalisé sur la hausse des prix et non sur l'environnement global. Mario Draghi a ainsi estimé que les perspectives d'inflation étaient encore très basses, et que la remontée récente des prix résultait principalement de la hausse des prix de l'énergie, facteur très "volatil" et "incertain". L'inflation devrait ainsi se maintenir autour de 1,5% cette année et ne remonter que très progressivement l'an prochain, soutenue par la politique accommodante de la BCE et la poursuite de la reprise économique.
Quid des commentaires venus d'Allemagne, où de nombreuses personnalités d'Etat estiment que la politique menée par Mario Draghi n'est plus en phase avec la bonne conjoncture économique ? "Je m'étonne que les personnes qui font ce genre de remarques soient aussi celles qui plaident pour l'indépendance de la BCE", a-t-il répliqué quand un journaliste lui demandait ce qu'il pensait des critiques proférées par Wolfgang Schaüble à l'égard de sa politique ! Preuve que Mario Draghi compte continuer à mener l'assouplissement monétaire aussi longtemps que nécessaire pour atteindre la stabilité de l'inflation, quitte à essuyer quelques critiques au passage.
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