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Brexit : Theresa May prépare le terrain pour une sortie en mars 2019

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a annoncé que son mandat serait prolongé d'un an, jusque juin 2019, soit après la date de sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, si tout se passe comme prévu. Ce délai d'un an souligne la détermination de la premier ministre à organiser la sortie le plus vite possible.
Mark Carney
Mark Carney

La volonté de Theresa May, de prolonger d'un an le mandat du gouverneur de la Banque d'Angleterre, confirmée par Mark Carney lui-même lundi soir, peut à première vue pu paraître surprenante. Début octobre en effet, lors du congrès des conservateurs britanniques, la premier ministre avait critiqué la décision de Mark Carney de baisser les taux et celle de mettre en place des rachats de titres mensuels en août dernier, estimant que le gouverneur avait agi de façon prématurée, alors qu'aucun signe de ralentissement économique du pays n'était encore manifeste. Theresa May avait par ailleurs déclaré que la faiblesse des taux directeurs risquait de pénaliser les retraités, les épargnants et les plus jeunes. Ce à quoi le gouverneur n'avait pas manqué de répliquer quelques jours plus tard, en déclarant que son institution était indépendante et n'avait pas à recevoir d'avis de Downing Street. Les deux interlocuteurs ont visiblement depuis mis de l'eau dans leur vin, la première pour des raisons stratégiques évidentes et le second car un an supplémentaire à la tête d'une des institutions les plus influentes du pays, était difficilement refusable.

Mark Carney a donc officiellement annoncé qu'il resterait jusque juin 2019 au lieu de juin 2018, afin de rester jusqu'à ce que la sortie de la Grande-Bretagne soit actée. Si les négociations commencent comme prévu en mars 2017 et durent deux ans, comme précisé dans l'article 50, alors le mandat du gouverneur prendra effectivement fin une fois que les négociations et la sortie seront terminées. Le but de ce départ repoussé est naturellement d'éviter de rajouter de l'incertitude en pleines négociations, et surtout d'assurer une certaine continuité dans la politique monétaire du pays, à un moment crucial pour le Royaume-Uni.

Car quelles que soient les critiques proférées à l'égard de Mark Carney cet été, il est l'un de ceux qui a réagi le plus rapidement après le choc du 23 juin, permettant d'apaiser le milieu financier en affichant un discours cohérent et des mesures clairement préparées en amont du vote. Les investisseurs ont d'ailleurs bien accueilli la nouvelle de la prolongation de son mandat lundi soir, et la livre a repris quelques couleurs depuis, progressant de 0,5% contre le dollar et 0,02 % contre l'euro aujourd'hui.

La décision met également en lumière la volonté de la premier ministre d'aller de l'avant dans les négociations et de préparer le terrain pour une sortie la plus rapide possible. 

C'est pourtant sans compter sur ce que la justice britannique pourrait trancher sur le sujet du Brexit. Demain, une première décision sera rendue à 10h sur la nécessité ou non de saisir le Parlement avant de déclencher l'article 50 du traité européen. Quel que soit le verdict, les plaidants devraient faire appel et saisir la Cour suprême courant décembre, selon les informations de la presse britannique. Le processus juridique pourrait donc retarder les plans de la premier ministre, malgré son apparente volonté de tout mettre en place pour fluidifier le processus de sortie.

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