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Régulation / Concurrence / Banque-assurance / Politique monétaire / Régulation

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Crédits aux entreprises : quid de la fin de la politique accommodante de la BCE ?

Dans son rapport d’activité, le médiateur du crédit note qu’il n’y a globalement pas de tension de financement (TPE mises à part). Fabrice Pesin prône le développement des financements alternatifs pour limiter les effets du futur changement de braquet de la Banque centrale.
Fabrice Pesin
Fabrice Pesin

L’activité du médiateur du crédit est symptomatique du contexte économique et financier dans lequel se trouvent les entreprises françaises. Selon le rapport d’activité de l’institution, établie en 2008 en pleine crise financière, l’année 2015 a été marquée par une montée en puissance du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et par le recul du prix des matières premières. Une situation qui est allée de pair avec une offre de crédit soutenue de la part des banques permise par la liquidité abondante résultant de la politique monétaire accommodante de la BCE. Ainsi, les saisines de la médiation (-16% à 2990 cas) ont été en baisse. Une donnée appréciable à toutefois nuancer.

Pour rappel, le taux d’obtention de crédit à l’investissement pour les entreprises de plus de 10 salariés s’est établi à 94% et à 84% pour les crédits de trésorerie au quatrième trimestre 2015, selon la Banque de France. Les chiffres se sont donc améliorés sur l’année. « On a aujourd’hui une offre de crédit des banques substantielle », note Fabrice Pesin, médiateur national du crédit. Pourtant « la demande de crédit de la part des entreprises reste très modérée », ajoute-t-il. Par exemple, alors que les marges du secteur industriel se sont améliorées, ses investissements sont en baisse de 2%.

Fabrice Pesin constate également que de nombreux entrepreneurs profitent de l’embellie pour améliorer leur trésorerie, car ils ont peur de ne pas être accompagnés par leur banque en cas de coup dur. Preuve que la confiance n’est pas encore au rendez-vous. Ce manque pourrait néanmoins peser à moyen terme sur la compétitivité des entreprises, qui auraient trop différé leur investissement.

Si la situation s’améliore globalement, cela n’est pas le cas pour les TPE, qui représentent 86% des saisines du médiateur. Un constat qui s’explique d’abord par leurs structures financières plus fragiles (1/3 de ces entreprises n’ont pas de fonds propres) et une moins bonnes connaissances parfois par leur patron du pilotage de trésorerie. Les raisons sont ensuite conjoncturelles, certains secteurs, comme le BTP ou la restauration, ayant plus souffert que d’autres. Les chefs d’entreprise doivent également faire attention à ne pas saisir trop tard le médiateur, lequel obtient malgré tout un joli taux de réussite (62% des dossiers).

Autre sujet pour l’institution : le financement de l’immatériel (marketing, formation, développement web etc.). Si cette ligne permet aux entreprises de croître, elle n’offre néanmoins pas de garantie à ceux qui la financent. D’où l’intérêt de développer les financements alternatifs, tels que le crowdfunding ou les fonds de dette.

Si Fabrice Pesin a tenu à mettre l’accent sur la multiplication des sources de financement, c’est que banques, comme entreprises vont en avoir besoin à l’avenir pour être gagnantes. L’homme alerte sur la nécessité d’être bien préparé à la fin de la politique monétaire accommodante de la BCE. Une fois que Mario Draghi, son président, aura commencé à fermer les vannes, le signal sera positif sur l’état de santé de l’économie et la demande de crédit devrait repartir. Toutefois, les banques auront alors moins de facilités de la part de Banque centrale pour répondre à ses financements, et c’est là que les effets des normes prudentielles de Bâle 3 -qui limitent la prise de risque- vont pleinement se faire sentir. « Quand la marée se sera retirée, il faudra que toutes les sources de financement alternatifs soient en place, prévient Fabrice Pesin. La transition devra se faire sans qu’aucune entreprise ne soit perdante ».

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