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Brexit: le voeu pieux de la City d'un statut à part pour ses services financiers

Si Londres souhaite négocier un accord sur mesure avec l'UE afin de conserver le système de passeport européen, il n'est pas certain que les Etats membres acceptent, alors que de nombreuses places financières du Vieux Continent espèrent récupérer une part du marché que Londres perdrait avec le Brexit.
city london
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Londres entend bien préserver sa place de puissance financière mondiale, malgré le vote sur le Brexit. Selon un article du Financial Times, un groupe de travail dirigé par Shriti Vadera, présidente de Santander UK, a planché tout l'été sur la possibilité de négocier un accord bilatéral sur mesure entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans les services financiers. 

Selon le quotidien, le directeur général de l’Association des banquiers britanniques et membre de ce groupe de travail, Anthony Browne souhaiterait aboutir à un accord autorisant «un accès bilatéral au marché aussi complet que possible», sous-entendant bien sûr le maintien des droits de passeport pour les institutions financières du pays. Ce système permettait jusqu'à présent aux banques situées en Grande-Bretagne de fournir leurs services depuis Londres ou de s'établir dans un autre Etat membre sans autorisation ni frais préalable. La Grande-Bretagne est l'une des principales bénéficiaires du passeport européen, qui offre également la possibilité aux grandes banques américaines et asiatiques d'opérer depuis Londres une partie de leur activité européenne.

A quoi un tel statut "sur mesure", défendu par le groupe de travail de la City, ressemblerait-il ? Au modèle suisse a priori, basé sur une série d'accords bilatéraux mais qui ne permet en revanche pas au banques de la petite confédération de s'établir sans autorisation dans un Etat de l'UE. Nombre d'entre elles se sont d'ailleurs installées à Londres pour cette raison. Le groupe de travail britannique espère donc obtenir un statut plus large encore que celui dont bénéficie la Suisse et continuer à jouir du passeport, en mettant notamment en avant le fait que la City représente 35% de la totalité des services financiers transfrontaliers avec l'UE, selon les chiffres du think-tank TheCityUK.

Les financiers de la City risquent malheureusement de se heurter à l'opposition d'une bonne partie des Etats membres, qui espèrent récupérer une partie de l'activité financière de Londres, une fois la Grande-Bretagne sortie. Près de 300 banques internationales sont implantées à Londres et les autres Etats membres voudront certainement procéder à un rééquilibrage en leur faveur lors des négociations. "En ce qui concerne le passeport européen, il y a une énorme pression de la part de toutes les classes politiques locales qui souhaitent récupérer une part du gâteau, d'autant qu'elle constitue une base taxable non négligeable", explique ainsi Georges Bory, directeur de la stratégie produit et innovation chez Quartet FS. Joseph Smallhoover du cabinet Bryan Cave à Paris est du même avis. "Les autres places financières d’Europe (Paris, Frankfurt, Amsterdam) aimeraient bien récupérer un peu du marché que Londres perdrait avec le Brexit. Si l’EU pense qu’elle sera gagnante sans un tel accord (ndlr.accord bilatéral souhaité par la City), les souhaits de Londres seront lettre morte. »

La capitale britannique ne cesse de faire valoir son statut à part depuis les résultats du 24 juin, et est d'ailleurs avec l'Ecosse l'une des seules régions du pays à avoir voté massivement en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE (à 60%), par crainte de perdre les avantages financiers dont elle dispose en tant que membre de l'union. Selon un sondage de YouGov paru en juillet, un londonien sur neuf préférerait sortir de la Grande-Bretagne et rester dans l'UE, preuve de l'indépendance d'esprit d'une partie des habitants de la capitale, très cosmopolite. Le nouveau maire de Londres, Sadiq Khan a d'ailleurs revendiqué depuis le référendum une plus grande autonomie financière pour Londres, qui représente un tiers des revenus de l'Etat, et exige un siège pour représenter la ville lors des négociations avec l'UE. Il n'est pas certain cependant que le groupe de banquiers londonien et le maire travailliste parviennent à convaincre le ministre chargé des négociations sur le Brexit, David Davis, assez peu favorable au secteur financier, ni que le responsable des négociations côté Bruxelles Michel Barnier, lui aussi réputé pour sa fermeté à l'égard de la finance britannique, soit disposé à écouter les requêtes des banquiers londoniens. 

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