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Bâle : l'assouplissement va dans "la mauvaise direction"
Selon RBS, les banques qui devraient le plus bénéficier des concessions sur le LCR sont notamment Barclays et Deutsche Bank. Le Comité ne favorise pas les prêts à l'économie réelle, au contraire.
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Le Comité de Bâle est-il encore tombé à côté ? A en croire une note publiée ce lundi par RBS, la réponse est oui. En annonçant hier l'assouplissement du ratio de levier (rapport entre les capitaux des banques et l'ensemble de leurs actifs), le Comité va peut-être manquer son but, à savoir faciliter l'octroi de crédit et la reprise économique. "Nous pensons que c'est un mauvais changement réglementaire pour la sécurité du système bancaire à moyen terme", expliquent les analystes. Pourtant les valeurs bancaires sont aujourd'hui à la fête, grâce à cette décision des banquiers centraux du G20. En milieu de journée, la Société Générale prenait 2,06% à 44,90, tandis que le Crédit Agricole et BNP Paribas gagnaient respectivement 1,94% et 0,71%.
Avant les marchés, c'est Mario Draghi, président du GHOS (Groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire), qui avait fait part de sa satisfaction. Condérant que cet accord "devrait contribuer à renforcer la résilience des banques face à des chocs financiers". Les groupes devront faire état de leurs ratios de levier dès 2015 pour une entrée en vigueur en 2018. Le GHOS permet dorénavant aux banques pour les opérations de financement à court terme d'utiliser les positions nettes avec une même contrepartie, plutôt que les positions brutes comme cela avait été annoncé en juin. D'autre part, les exigences des méthodes de calcul de la taille des activités hors bilan sont revues à la baisse. Par exemple, les possibilités de couverture seront élargies.
Pour RBS ces assouplissements vont permettre à quelques grands noms de l'investissement -Barclays, Deutsche Bank, Crédit Suisse et UBS- de voir leurs exigences de capital additionnel réduites. "Nous continuons de penser que ces banques détiennent trop peu de capital, surtout au vu de leur grande taille par rapport à leurs Etats", ajoutent les analystes. En effet, les établissements européens pèsent pour 32 milliards d'euros d'actifs, soit près de 3,2 fois le PIB. "Si une autre crise devait avoir lieu, ces banques pourraient faire face à des pertes plus importantes que ce que leurs exigences actuelles minimum de ratio de levier sont capables d'absorber."
Et les règles de bail-in et de résolution récemment adoptées par les législateurs du Vieux Continent ne devraient pas suffire non plus. Un ratio de levier qui permettrait de briser les liens entre souverains et bancaires s'approcherait plus de 5% que des 3% actuels, d'après RBS. Cette dernière rappelle également que le rapport sur-régulation/baisse du crédit n'est pas prouvé. D'ailleurs le deleveraging est en phase de décélération, à 10-20 milliards d'euros par mois, contre 300-400 milliards début 2013. La revue de qualité des actifs (AQR) de la BCE et les stress tests de l'Autorité européenne bancaire (EBA) vont aider à restaurer la confiance dans les banques.
Quelle alternative proposent les analystes pour doper le crédit ? Pour le moment Bâle 3 permet aux banques d'acheter des dettes souveraines sans coût de capital. Alors que les prêts, notamment de PME, leur coûtent plus cher. "Bâle n'encourage certainement pas les institutions bancaires à mener leur activité principale -à savoir prêter et non pas échanger des obligations souveraines". Ce qui favorise les grandes banques d'investissement plutôt que les banques commerciales et de taille intermédiaire qui ont une forte concentration de crédits, lesquels sont cruciaux pour les PME et générateurs d'emplois. D'autant que 80% du crédit passe encore par les banques, et même 90% dans les pays périphériques.
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01/01/1970 - 01:00

