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Politique économique / Politique économique / Politique européenne

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Michel Sapin, le Schäuble français ?

C’est la première fois depuis 1946 que le ministère des Finances et de l’Economie se scinde en France. Michel Sapin pourrait devenir le représentant de la France dans l’UE, rognant sur le pouvoir d’Arnaud Montebourg.
Bercy - Ministère des Finances
Bercy - Ministère des Finances

Chamboulement à Bercy ! Pour la première fois depuis 1946, date de la quatrième République, les fonctions de ministre des Finances et de ministre de l’Economie ont été scindées. Le gouvernement Valls, dévoilé ce matin, repartit ces tâches entre deux hommes aux sensibilités bien différentes, Michel Sapin, ex-ministre du Travail, et Arnaud Montebourg, qui fut ministre du Redressement productif sous Jean-Marc Ayrault. Cette configuration inédite fait écho au modèle allemand, où les deux portefeuilles sont distincts au profit d’un pouvoir prééminent pour le ministre des Finances. Si les règles qui régiront notre nouveau Bercy ne sont pas encore connues, il parait hautement probable que Michel Sapin puisse devenir l’ambassadeur de la France auprès de l’Union européenne, ravissant ainsi ce pouvoir à Arnaud Montebourg. 

Les règles du Vieux Continent laissent à l’Hexagone le choix de son ambassadeur. « C'est à la France de décider qui la représente. Traditionnellement c'est le ministre des finances qui est au Conseil ECOFIN (et à l'Eurogroupe), mais il n'y a pas de règle absolue », explique une source européenne. Selon Les Echos, la décision aurait même déjà été prise, en tout cas pour la représentation européenne, : à l’instar de Pierre Moscovici, ex-ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes Publics, représentera la France dans les discussions avec Bruxelles. « Michel Sapin sera l’équivalent de Wolfgang Schäuble », a indiqué au média une source à l’Elysée. L'ambassadeur aura un rôle décisif dès le début de son mandat, puisqu'il devra présenter d'ici au milieu du mois son programme d'assainissement des finances publiques, alors même que la France a été rappelée à l'ordre il y a quelques jours par la Commission pour son dérapage budgétaire.

Cette répartition des pouvoirs permettrait de tenir Arnaud Montebourg, nouveau ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, un minimum éloigné de Bruxelles, où des dossiers fondamentaux pour l’économie sont traités (coordination des politiques macroéconomiques et budgétaires, union bancaire etc.). Car bien qu’il ait mis de l’eau dans son vin, Arnaud Montebourg, est célèbre pour ses coups de gueule contre l’euro fort ou encore contre la politique d’Angela Merkel, chancelière allemande, qu’il a déjà accusée de mener une politique « à la Bismarck » et de « tuer l’euro ».

Et en Allemagne, c’est le ministre fédéral des Finances qui représente le pays dans les débats européens. Wolfgang Schäuble, connu pour sa fermeté lors de ces discussions notamment autour des aides financières pendant la crise de la dette, compose avec Sigmar Gabriel, ministre de l’Economie et de l’Energie, le second portefeuille lui donnant sa raison d’être. Outre-Rhin le pouvoir du ministre des Finances est d’ailleurs tel que la constitution lui donne le droit de refuser une dépense, même si celle-ci a été validée par la Chancellerie. Reste à construire la répartition des pouvoirs entre nos deux ministres, ce qui promet de faire quelques étincelles. D'autant que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, joue les troubles-fêtes. Le Quai d'Orsay a en effet fait savoir qu'il prenait en charge le commerce extérieur, d'après l'AFP, alors même que l'entourage d'Arnaud Montebourg annonçait conserver le portefeuille quelques minutes auparavant.

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