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La BCE va t-elle ressortir ses vieux instruments du tiroir ?
A la veille de la réunion de la BCE et alors que les derniers indicateurs de hausse des prix et de marché monétaire sont maussades, les paris vont bon train pour tenter de deviner quelle sera la décision de Draghi. La semaine dernière en effet, Eurostat dévoilait une inflation en hausse de 0,7% sur le mois de janvier contre 0,8% en décembre, soit un niveau inférieur aux 0,9% attendus par le consensus. Ce nouveau ralentissement a ramené l'IPCH à son point bas d'octobre, qui avait alors conduit la BCE à baisser ses taux directeurs. Dans le même temps, l'EONIA, qui est passé au-dessus du taux principal de refinancement et la chute du niveau de liquidités excédentaire ont fait craindre un resserrement des conditions sur les marchés monétaires à court terme. Les gouverneurs ne pourront faire abstraction de ces nouvelles données jeudi lors de la réunion de leur conseil. Plusieurs options sont possibles pour relancer la hausse des prix.
Selon des informations de Bloomberg, la BCE pourrait décider de ne plus stériliser son programme SMP. Pour rappel, le Securities Market Program avait été lancé en mai 2010 pour tenter de limiter la crise grecque via des achats de titres d'Etat mais qui étaient ensuite stérilisés afin de neutraliser l'effet inflationniste des achats. Ce programme a pris fin en février 2012 et la BCE et le montant de titres détenu par la BCE est donc progressivement en train de diminuer au fur et à mesure des retombées. Au 31 janvier, Francfort détenait ainsi 175,7 milliards d'euros de titres via ce programme. Si la BCE arrêtait de stériliser le SMP (via des dépôts à terme), elle pourrait effectivement créer des effets inflationnistes bienvenus en cette période où le mot déflation fait trembler. Mais estime Clemente de Lucia, " il serait étonnant que la BCE décide si tardivement de revenir sur une décision prise en 2010, et cela ne serait qu'une solution temporaire et pas forcément très efficace puisque le stock de titres détenus par la BCE est en train de diminuer progressivement. "
Une solution plus adaptée serait sans doute celle évoquée par le président de la BCE lors du forum de Davos de soutenir le crédit aux sociétés non financières. Francfort pourrait par exemple réactiver les achats d'asset debt securities afin d'encourager les banques à davantage faire crédit au secteur privé. " Les asset debt securitis sont des prêts au secteur non financier, sortis du bilan des banques et traités sur les marchés. Si la BCE se porte acheteuse de ce type de titres, et créée ainsi une forte demande, elle devrait inciter les banques à prêter plus ", explique encore Clemente de Lucia. Cette option permettrait de libérer le canal du crédit, au point mort dans la plupart des pays périphériques. Et ainsi de relancer la croissance et la hausse des prix.
Dernière option selon Cédric Thellier, analyste chez Natixis, une nouvelle baisse du ratio de réserves obligatoires, après celle décidée fin 2011. Une diminution d'un demi-point, en le passant de 1% à 0,5%, permettrait de libérer environ 50 milliards d'euros. " LA BCE devrait privilégier selon nous deux mesures non conventionnelles dans l'immédiat (stérilisation seulement partielle du SMP et baisse du ratio de réserves) sans toucher à ses taux directeurs " conclut-il. Réponse, jeudi à 13h45.
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