Macro-économie / Taux / Macro-économie / Politique européenne
Macro-économie / Taux
Macro-économie / Politique européenne
Brexit : Londres peut-elle sortir du Royaume-Uni pour rester dans l'UE ?
L'effritement du Royaume-Uni se poursuit trois semaines à peine après le vote sur le Brexit. Alors que l'Ecosse envisage de proposer un second référendum pour permettre au pays de sortir de la Grande-Bretagne et rester dans l'UE, et que l'Irlande du Nord se pose le même type de question, Londres a affiché à son tour sa volonté d'indépendance. Ces trois régions ont d'ailleurs majoritairement voté pour le maintien de leur pays dans l'Union, à 60% pour Londres, 56% pour l'Irlande et 62% pour Edimbourg, ce qui explique leur inquiétude depuis les résultats du scrutin.
Une pétition mise en ligne il y a une semaine sur le site Change.org par un journaliste pour demander l'indépendance de Londres et son adhésion à l'UE a déjà récolté près de 200 000 voix ! "Londres est une ville internationale et nous voulons rester au coeur de l'Europe", précise l'auteur de la pétition, James O'Malley. "Soyons francs, le reste du pays n'est pas d'accord avec nous. Plutôt que d'assister passivement au Brexit, officialisons notre divorce du pays et restons avec nos amis européens", poursuit la pétition."Monsieur le Maire, ne préféreriez-vous pas être appelé Monsieur le Président", conclut le texte en s'adressant à Sadi Khan, en guise de boutade ? Si le projet a peu de chance d'aboutir, il reste que selon un sondage mené par YouGov, un londonien sur neuf préférerait quitter le Royaume-Uni et rejoindre l'Europe, et un quart des habitants de la capitale souhaiterait que Londres ait son propre Parlement, sur le modèle de l'Ecosse.
Une enquête qui souligne à quel point le Brexit risque de déstabiliser le pays non seulement dans ses relations avec l'Europe mais au sein même du Royaume. Le sujet est d'autant plus tendu pour le nouveau gouvernement que la capitale représente à elle seule 20% du PIB britannique (et un tiers du PIB pour l'aire métropolitaine) et a clairement fait valoir sa volonté de regagner en autonomie, depuis le 23 juin. Sans aller jusqu'à sortir de l'UE, le maire de Londres Sadiq Khan a ainsi réclamé une plus grande indépendance dans la maîtrise de ses finances, après qu'un rapport officiel a dévoilé qu'un tiers des revenus de l'Etat provenait de Londres. Le centre d'études de la City a ainsi révélé le 7 juillet dernier que la capitale fournissait presqu'autant de revenus que les 37 autres plus grosses villes du pays combinées. "Il nous faudra davantage de décentralisation pour que notre ville et sa région puissent reprendre leur contrôle. Ceci est d'autant plus vital pour que la City conserve son dynamisme et son énergie que notre pays vient de décider de quitter l'UE", a déclaré le maire.
Sadiq Khan milite également pour que la City, qui représente 35% de la totalité des services financiers transfrontaliers de l'UE ne perdre aucun des avantages financiers dont elle dispose actuellement en tant que membre de l'Union. Le nouveau maire de Londres a ainsi adressé une liste de requêtes au gouvernement concernant les suites du Brexit, et exigé notamment que sa ville ait un siège et une voix au chapitre lors des négociations avec Bruxelles. Le maire de Londres a également plaidé pour que le pays reste au sein du marché unique. "Quitter un marché de 500 millions de personnes serait une grave erreur. Je vais pousser le gouvernement à faire en sorte que ce sujet soit l'une des pierres angulaires des négociations", a-t-il déclaré. Enfin, Sadiq Kan a a expressément demandé hier à Theresa May de ne pas faire des résidents européens londoniens "un moyen de chantage dans les négociations avec Bruxelles".
S'il est peu probable que Londres, devienne le nouveau "Monaco sur Tamise" et se sépare du reste du pays, vu le poids de la capitale dans le PIB britannique, il reste que la ville devrait exiger davantage d'autonomie financière et une place prépondérante au sein des négociations de sortie. Ce qui devrait accroître la dislocation politique et nationale du pays et favoriser les mouvements indépendantistes du Nord, en Ecosse et en Irlande. Un Royaume finalement plus très uni !
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

