Macro-économie / Taux / Union européenne / droits de douane
Macro-économie / Taux
Union européenne / droits de douane
Droits de douane : l’Union européenne mise sur la négociation / Elle fourbit tout de même ses armes
La Commission européenne calme le jeu. Tandis que Donald Trump, président des États-Unis, a annoncé un durcissement sensible de sa politique commerciale à l’égard de l’Union européenne, Bruxelles, qui a le monopole sur la question, ne ripostera pas dans la foulée.
Hier, le président américain, a annoncé des taxes moyennes à l’importation à hauteur de 20 % concernant les marchandises en provenance de l’Union européenne, soit un accroissement particulièrement sensible par rapport niveau affiché précédemment par le taux moyen. Dans le détail, une première hausse de 10 points de pourcentage surviendra le 5 avril au matin et le reste s’appliquera le 9 avril.
"Il n’est pas trop tard pour répondre aux préoccupations par les négociations. C’est pourquoi notre commissaire au commerce, Maros Šefčovič, est en contact permanent avec ses homologues américains ", a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. "Le recours aux droits de douane comme alpha et oméga ne résoudra pas le problème", a-t-elle ajouté.
Reste que, "nous sommes déjà en train de finaliser un premier paquet de contre-mesures en réponse aux droits de douane sur l’acier", a annoncé Ursula von der Leyen. Pour mémoire, des droits de douane de 25 % sont instaurés depuis la mi-mars sur l’acier et l’aluminium européens. "Et nous nous préparons maintenant à d’autres contre-mesures, pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent", a prévenu l’Allemande.
Depuis plusieurs mois, d’aucuns avancent que la Commission européenne pourrait décider de faire appel à son instrument anti-coercition. Adopté fin 2023, cet outil permet de faire face à un cas de chantage économique exercé par un pays étranger sur l’Union ou les États membres dans le but d’influencer une politique ou une position spécifique. Dans ce cadre, l’Union européenne peut répondre avec des restrictions aux échanges de biens et de services.
Rappelons que si l’Oncle Sam affichait, en 2024, un déficit d’une valeur de 236 milliards de dollars sur le commerce de biens avec l’Union européenne, il possédait un excédent de plus de 75 milliards de dollars vis-à-vis de cette dernière sur les services, selon les données publiées par le département du Commerce des États-Unis.
Grâce à l’instrument anti-coercition, l’UE peut aussi s’attaquer aux droits de propriété intellectuelle et aux investissements directs étrangers. Il sera également possible d’imposer des contraintes d’accès aux marchés publics de l’UE, au marché des capitaux et à l’autorisation de produits en vertu des règles chimiques et sanitaires.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

