Macro-économie / Taux / Chômage / Jeunes / Union européenne
Macro-économie / Taux
Chômage / Jeunes / Union européenne
L’Union européenne a décidément du mal avec le chômage des jeunes / Les aides déployées n’ont pas porté les fruits escomptés
Une insertion qui patine. La Cour des comptes européenne ne se montre pas tendre avec les différentes politiques déployées par l’Union européenne (UE) pour faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Tout en rappelant que « la politique de l’emploi relève au premier chef de la compétence des États membres, le budget européen venant en appui ou en complément du financement national », il n’en est pas moins estimé qu’un flou persiste sur l’efficacité des actions entreprises.
C’est l’avis de Carlo Alberto Manfredi Selvaggi, le membre de la Cour responsable de l’audit, lequel a insisté sur le fait que « l’UE doit démontrer que son soutien à l’emploi des jeunes donne des résultats durables ». Il est obligé de constater pour l’heure que « faute d’objectifs plus précis et de données probantes plus solides sur les résultats à long terme, il est difficile de déterminer si les jeunes bénéficient réellement des aides publiques ». Un constat d’autant plus regrettable que la politique de cohésion de l’UE a - depuis 2014 - alloué près de 25 milliards d’euros au soutien en faveur de l’emploi des jeunes, que ce soit via le Fonds social européen (FSE), l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), de REACT‑EU ou encore le Fonds social européen plus (FSE +).
Étoffer
Une fois de plus, le manque d’objectifs quantifiables est regretté par les membres de la cour. Pour arriver à mesurer à quel point une insertion est durable sur le marché du travail, il est suggéré de s’attacher à regarder non pas uniquement les embauches de jeunes, mais également leur « maintien dans l’emploi après 12 ou 18 mois, [lequel] pourrait constituer un solide indicateur de réussite ». Cette donnée permettant d’observer la capacité des jeunes à conserver un emploi, alors même que l’aide financière associée à leur embauche n’est plus présente. Pour l’heure, les indicateurs de résultat à plus long terme se limitent essentiellement à la situation professionnelle des bénéficiaires six mois après l’arrêt de l’aide.
Le bon ciblage des aides est quant à lui considéré comme ne visant « pas suffisamment les personnes qui en ont le plus besoin, ce qui accroît le risque de financer des emplois qui auraient été créés indépendamment de toute aide publique ». Une des difficultés des politiques publiques concerne les jeunes se trouvant en dehors du marché du travail, la partie de la population qui ne travaille pas ni ne recherche activement un emploi, et qui malgré les efforts déployés est atteinte avec la plus grande difficulté par les politiques européennes.
Quantifier
Ce qui laisse à penser que cette partie des jeunes – âgés de 15 à 29 ans – n’a pas profité totalement de la dynamique récente, ayant vu leur taux de chômage passer de 20 % en 2013 à moins de 12 % ces dernières années. Ce qui demeure près de deux fois plus élevé que la moyenne des actifs de l’UE. Une hétérogénéité géographique existe également avec l’Italie et l’Espagne, qui « concentrent à elles seules près de la moitié des financements, soit 47,5 % du montant total » des aides déployées par la politique de cohésion.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

