Macro-économie / Taux / Haut-Commissariat au Plan / Jeunes / déclassement
Macro-économie / Taux
Haut-Commissariat au Plan / Jeunes / déclassement
Des diplômes qui n’empêchent pas la jeunesse d’être de plus en plus précaire / La stabilité des emplois est loin de s’être améliorée avec le temps
Une évolution qui s’apparente à des montagnes russes. Loin de rejeter en bloc le sentiment de déclassement que peut ressentir une partie des jeunes actifs tricolores, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan - associé pour l’occasion à Antoine Bristielle de la Fondation Jean-Jaurès - explique que les progrès obtenus en un demi-siècle se sont accompagnés de l’apparition d’une série de fragilités.
Une des explications formulées dans la note produite est notamment à chercher du côté du rendement du diplôme, lequel se serait progressivement érodé au fur et à mesure qu’il devenait de moins en moins rare. Pour autant, cette précarisation des emplois occupés s’est accompagnée d’un phénomène plutôt positif pour l’ensemble des actifs avec des semaines de travail qui sont devenues "plus courtes avec une durée annuelle effective du travail en recul de 17 % depuis les années 1970 ".
Blocage
Un des changements majeurs durant ce demi-siècle demeure un accès à la propriété devenu beaucoup plus compliqué au fil des années. Désormais, il est estimé qu’à logement identique, il faut compter pas moins de vingt-trois ans de remboursement en 2025 pour l’acquérir là où il n’en fallait qu’une dizaine en 1975. Les auteurs de la note considèrent également que "l’accès à la propriété est devenu plus inégalitaire" sur la période avec en 1973, dans le quart des 25-45 ans aux revenus les plus faibles pas moins de 35 % propriétaires d’un bien immobilier, contre 43 % dans le quart disposant des revenus les plus élevés. Une situation qui a considérablement changé - à date de 2013 - avec pour les premiers nommés une part de propriétaires qui n’est plus que de 17 % - en diminution de 18 points - et pour les seconds une forte hausse pour atteindre 67 % - progression de 24 points. Une évolution qui contribue largement au malaise que peuvent ressentir les jeunes actifs.
Ces derniers ont en effet pu voir leur rémunération grimper durant la période, les grands gagnants demeurent les 50-54 ans. Là où les 30-34 ans disposaient d’un revenu moyen supérieur de près de 9 % à celui de cette tranche d'âge, il est aujourd’hui inférieur de 13 %. Entraînant une recomposition de la répartition du patrimoine au sein de la population ; là où "en 1986, le patrimoine net médian des ménages de 30-39 ans représentait un peu moins de la moitié (48 %) de celui des ménages de 50-59 ans. En 2021, il n’en valait plus que 28 %".
La main à la poche
Un autre phénomène illustre quant à lui tant le déclassement des jeunes actifs que celui du reste de la population. Il s’agit de la part des revenus consacrés au financement de la protection sociale, celle-ci a augmenté pour l’ensemble des tranches d’âges. Pour les 30-34 ans, elle est passée de 32 % en 1979 à 38 % en 2019, là où elle est passée chez les 60-79 ans de 12 % en 1979 à 27 % en 2019. Une dynamique que les auteurs expliquent comme la résultante de "dernières décennies [qui] ont été marquées par des réformes visant à ne pas faire peser le financement de la protection sociale sur les seuls salariés".
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