Macro-économie / Taux / Organisation internationale du travail / taux de chômage / Jeunes
Macro-économie / Taux
Organisation internationale du travail / taux de chômage / Jeunes
La croissance mondiale a une sacrée épine dans le pied / Plus d'un jeune sur cinq n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation
L’Organisation internationale du travail (OIT) présente un panorama mi-figue mi-raisin concernant la situation des jeunes (15-24 ans) sur le marché mondial de l’emploi. Certes, l’institution basée à Genève rapporte que le taux de chômage de cette partie de la population s’est établi en 2023 à son étiage le plus faible depuis quinze ans.
Il était de 13 % (13,8% avant la pandémie), soit 64,9 millions de personnes, et devrait encore baisser pour atteindre 12,8 % cette année et l'année prochaine. “La tendance à la baisse des taux de chômage des jeunes dans la plupart des régions - mais pas dans toutes - [il augmente dans les États arabes, en Asie de l'Est et en Asie du Sud-Est et du Pacifique, ndlr] est une bonne nouvelle. Mais le chômage n'est pas le seul signe de vents contraires à la réussite des jeunes dans le monde du travail”, prévient l’OIT.
De fait, si seulement 6 % des jeunes du monde entier étaient sans emploi en 2023, une part beaucoup plus importante - 20,4 % - (256 millions de personnes) n’était ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). “Cela donne une image beaucoup plus large de l'exclusion du marché du travail parmi les jeunes, tout en signalant certaines opportunités manquées dans le développement du capital humain”, juge l’OIT.
“Les progrès concernant la cible de l'objectif de développement durable (ODD) [il a été établi par les États membres des Nations unies, ndlr] visant à réduire le taux de NEET chez les jeunes ont été mitigés et biaisés en faveur des économies avancées. Le rapport constate qu'un jeune sur trois (33 %) dans le monde vit dans un pays qui n'a pas atteint son objectif de réduction du taux de NEET chez les jeunes”, soulignent les économistes de l’OIT.
D'après eux, il est particulièrement inquiétant que les pays qui suivent une tendance régressive soient des pays à faible revenu et ceux situés dans des sous-régions où les taux étaient déjà parmi les plus élevés au monde (à savoir, les États arabes, l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne). “La persistance du visage féminin des jeunes en situation de NEET au niveau mondial est également préoccupante. Non seulement deux jeunes sur trois en situation de NEET sont des femmes, mais le taux de NEET chez les jeunes femmes est plus de deux fois supérieur à celui des jeunes hommes (28,1 % et 13,1 %, respectivement, en 2023)”, ajoutent-ils.
Le rapport de l'OIT indique également qu'être NEET aujourd'hui augmente considérablement les chances d'être NEET demain, étant donné que les raisons pour lesquelles on se trouve en situation de NEET ne changeront probablement pas avec le temps."La plupart des jeunes femmes en situation de NEET ne cherchent pas de travail pour des raisons personnelles, qui peuvent inclure la maladie, le handicap, la grossesse, la présence de jeunes enfants dans le ménage ou l'interdiction de le faire par leur famille", explique l'OIT.
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