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population active; recrutements; chômage; retraite

Macro-économie / Taux / Antoine Foucher / Haut-Commissariat au Plan / Clément Beaune

Macro-économie / Taux
Antoine Foucher / Haut-Commissariat au Plan / Clément Beaune

Ce décrochage démographique qui n’en a pas fini de chambouler le marché du travail tricolore / Des arbitrages futurs seront à faire

Difficile de rester de marbre devant la dernière publication accueillie par la collection du Plan. Cette dernière – sous la direction du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan – accueille en effet des contributions extérieures telle que celle rédigée par Antoine Foucher. Le président du cabinet Quintet y estime qu’une raréfaction de la main-d’œuvre va s’opérer dans l’Hexagone et va avoir cinq conséquences distinctes.
Annonce de recrutement. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via AFP
Annonce de recrutement. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via AFP

Une contraction de la population active française attendue pour 2035 ne laissant pas le marché du travail indemne. Antoine Foucher, président du cabinet Quintet, vient d’apporter sa contribution sur le sujet à la collection du Plan. L’occasion pour lui d’expliquer que la France a entamé une nouvelle période démographique depuis 2014 et devrait connaître un pic de population active sur le marché du travail à compter de 2033-2035. De quoi perturber les équilibres actuels et exacerber certaines des difficultés connues.

Pour l’heure il s’avère surtout que l’augmentation de la population active contribue à faciliter "le reflux du chômage : depuis plus de trois ans, il n’a pas dépassé 7,5 %, ce qui n’avait pas été constaté depuis le tout début des années 1980 ". Pour autant Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, dont l’institution accueille cette publication explique qu’il faut analyser en détail cette "nouvelle réflexion sur la bombe démographique qui affecte notre pays, son économie, son marché du travail. Un choc que nous devons regarder en face pour agir au-delà des postures et des tabous ". Il n’en demeure pas moins que la sortie du chômage de masse reste inéluctable à en écouter l’ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud – alors ministre du Travail – lequel expose que "l’économie n’a plus besoin de créer beaucoup d’emplois pour limiter ou faire diminuer le chômage". Il en veut pour preuve que l’économie tricolore n’a pas eu besoin de créer d’emploi l’an passé et pourtant le taux de chômage a décru passant de 7,5 à 7,3 % en un an. Néanmoins les changements à venir ne sont pas nécessairement une bonne nouvelle puisqu’il voit poindre une période durant laquelle une faible croissance accompagnera un faible chômage.

 

Métamorphose

 

Les grands changements vont notamment des mesures possibles et complémentaires du temps de travail. À savoir le temps de travail pendant l’année – lequel a diminué avec les générations qui passent jusqu’en 2000 – et le temps de travail pendant la vie. Ce dernier pouvant être tributaire d’un "équilibre financier [du régime de retraite qui] est atteint par l’allongement de la durée de cotisation, et selon les calculs de la Cour des comptes, il faudrait progressivement monter à 46 ans de cotisation d’ici à 2045, au lieu de 43 ans prévus pour 2027". Le président du cabinet Quintet expliquant qu’une année de cotisation supplémentaire rapporte 7 à 10 milliards supplémentaires, et qu’avec un déficit compris entre 25 et 30 milliards annuels en 2045, c’est trois années de travail supplémentaires qui seraient supplémentaires pour le combler.

Autre révolution annoncée par Antoine Foucher, le constat que bien souvent "c’est le collaborateur qui fait passer un entretien d’embauche à son patron". Symbole d’un pouvoir de négociation des salariés qui est grandissant, avec pas moins de "86 % des personnes qui démissionnent d’un CDI [qui] sont à nouveau en emploi six mois après leur démission". L’auteur ne partage pas le constat de Français de moins en moins enclins à travailler et constate bien au contraire que "les gens veulent travailler et ils travaillent, mais ils sont de plus en plus en situation de choisir leur employeur, ou du moins de choisir entre différents employeurs possibles". Ce sont les entreprises qui seraient sous pression puisque devant s’adapter aux attentes des salariés tant pour parvenir à les recruter qu’à les fidéliser.


Accentuer

 

La question migratoire est également évoquée et non pas sous les volets les plus fréquemment saisis par nos politiciens. Antoine Foucher souligne "la main-d’œuvre supplémentaire qu’elle apporte à l’économie nationale", précisant que "l’immigration peut, en termes d’effet sur la population active, être comparée soit à une augmentation collective de la durée du travail pendant la vie, soit à une baisse durable du chômage". En se basant sur les cinq dernières années, il s’avère que tous les douze mois elle correspond "à une augmentation de 1,5 à 2 mois de durée de cotisation pour les travailleurs". De quoi apporter une voix supplémentaire aux débats de ces dernières années sur la façon d’atteindre l’équilibre du système de retraite. L’essayiste expliquant également qu’une année d’immigration étant à considérer en termes de "force de travail supplémentaire, à une réduction de 0,3 à 0,5 point de chômage".

Des données à prendre en considération du point de vue des entreprises, celles-ci étant pour l’heure habituées à une population active progressant constamment. L’inversion de cette dynamique et les évolutions sur le volet de l’immigration pouvant conduire à ce que les tensions de recrutement soient "condamnées à rester très élevées pour la majorité des secteurs économiques". Les anticipations de difficultés de recrutement sont déjà légion, quelle que soit la taille des entreprises : 45 % des grandes sociétés les évoquent, et même 50 % des TPE.

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