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Union européenne / Emploi / pauvreté

Les vacances comme révélateur des inégalités en Europe / Un chantier contre la pauvreté qui dure

Derrière les quelque 27 % de citoyens de l’Union européenne (UE) qui n’ont pas les moyens de s’offrir une semaine de vacances par an – à date de 2024 – se cachent des réalités bien différentes. Qu’elles soient entre pays ou au sein d’une même géographie, elles font néanmoins dire au Comité Économique et Social Européen qu’il faut continuer à réfléchir à une stratégie de lutte contre la pauvreté à l’échelle de l’UE.
Plage en Grèce. Photo par NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Plage en Grèce. Photo par NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Ces Européens qui sont loin d’être bien lotis. La frange orientale de l’Union européenne (UE) compte les pays avec la plus grande proportion d’habitants ne pouvant pas s’offrir une semaine de vacances annuelle. On y retrouve en effet la Roumanie (58,6 %), la Grèce (46,0 %) ou encore la Bulgarie (41,4 %). Une situation qui tranche avec les 8,9 % des Luxembourgeois, les 11,6 % des Suédois et les 13,0 % des Néerlandais qui étaient dans la même situation en 2024.

Un même constat apparaît cependant pour le Comité économique et social européen, lequel vient de publier un avis exploratoire à la demande de sa présidence. Celui-ci propose des pistes pour combattre la pauvreté, pensées au sein d’un plan à l’échelle de l’UE et ne se limitant pas à la seule question des vacances, qui ne sont qu’un symptôme de la situation d’une partie de la population.

 

Planifier

 

Le plan d’action évoque deux objectifs distincts, tout d’abord celui « d’une réduction de la pauvreté de l’UE à l’horizon 2030 » et dans un second temps une « contribution à l’éradication de la pauvreté d’ici à 2050 ». Des outils sont proposés pour permettre de réaliser ces objectifs dans le laps de temps imparti, bien que le nerf de la guerre demeure bien souvent d’ordre financier. Rien ne serait ainsi possible sans une mobilisation plus efficace tant des financements publics que privés.

Certaines priorités émergent cependant, puisqu’il est notamment fait état de l’importance « d’accorder une attention particulière au financement des services visant à soutenir le passage des enfants dans le besoin à l’âge adulte ». Dans le même ordre d’idée, bien que les emplois de qualité soient érigés en meilleur moyen de sortir de la pauvreté, il est considéré qu’il est essentiel de travailler à construire des services publics de l’emploi solides et surtout « disposant de fonds suffisants pour garantir le soutien aux personnes exclues du marché du travail ».

 

Évoluer


Les questions de gouvernance et de budgets - États membres ayant accès pour l’heure aux 139 milliards d’euros du Fonds social européen sur la période 2021-2027 - à allouer aux différentes stratégies sont essentielles. C’est le cœur de ces dernières qui est longuement détaillé par l’assemblée consultative des partenaires économiques et sociaux européens. On y retrouve un condensé des évolutions des sociétés européennes, qu’il s’agisse des familles monoparentales - dont le nombre a explosé ces dernières années –, près de deux fois plus sujettes à la pauvreté que la moyenne de la population.

De quoi conduire à exposer un enfant sur quatre dans l’UE à ce risque ou à celui d’exclusion sociale. De quoi faire regretter aux auteurs que l’incidence des prestations sur la pauvreté et l’exclusion « varie considérablement d’un État membre à l’autre, ce qui accentue la nécessité d’en améliorer la conception, la couverture, le montant et le taux de recours ». Les considérations sur le vieillissement de la population - près d’une personne sur cinq âgée de 65 ans ou plus, ce qui correspond à 18,8 % de la population était sujette à la pauvreté ou à l’exclusion sociale - ne sont quant à elles pas oubliées, puisqu’il est considéré comme important « d’examiner et, si nécessaire, d’améliorer la répartition des dépenses sociales et publiques entre les différentes tranches d’âge, afin de réduire la pauvreté infantile et de favoriser l’équité intergénérationnelle ».

 

Emploi

 

La question du marché du travail n’est également pas écartée, bien au contraire étant donné que les allocations et différentes aides ne peuvent pas être le seul support du projet européen. La proportion d’emplois de qualité est dès lors essentielle, notamment au vu de la situation des jeunes de moins de 29 ans. Lesquels étaient 24 % en 2025 à être exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale, ce qui est près de trois points de pourcentage de plus que la moyenne générale de la population.

Le dispositif mis en avant est la garantie pour la jeunesse, laquelle a pour objectif que chaque jeune de moins de 29 ans « se voit proposer une offre d’emploi de qualité, une formation continue, un apprentissage ou un stage, dans les quatre mois suivant la perte de son emploi ou sa sortie de l’enseignement formel ». Ce ne seraient pas moins de 63 millions de jeunes européens qui y auraient eu recours depuis 2013. L’emploi n’est cependant pas salvateur dans l’ensemble des cas, avec 8,3 % des personnes qui en ont un et étant toujours sujettes au risque de pauvreté. Une situation face à laquelle les auteurs considèrent que l’économie sociale et la microfinance ont un rôle à jouer. D’autant plus qu’ils raisonnent principalement en termes d’équité intergénérationnelle et de façon d’empêcher la transmission de la pauvreté.

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