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Macro-économie / Taux / Apec / recrutements / Emploi

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Les cadres pourraient avoir fini de manger leur pain noir / L’Apec considère que les recrutements pourraient repartir à la hausse en 2026

Une fin de cycle qui sera à n’en pas douter appréciée à sa juste valeur. Les données dévoilées ce jeudi par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) font certes état d’une baisse des recrutements de cadres en 2025, en recul de 3 % en glissement annuel. Cependant, la dynamique serait tout autre cette année, avec un rebond anticipé pour l’heure, de l’ordre de 3 % à date. Reste à savoir si les turbulences au Moyen-Orient tueront dans l’œuf cette dynamique.
Siège de l'Apec. Photo par RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Siège de l'Apec. Photo par RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Les tensions sur le marché de l’emploi pourraient bien faire leur retour. Elles ont pour l’heure en grande partie disparu, dans le sillage de deux années moroses pour les recrutements. Les embauches de cadres ont successivement diminué de 8 % en 2024 puis de 3 % en 2025. Du côté de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), on explique qu’elles ne représentent plus qu’un total de 294 500 l’an passé, là où ce chiffre était à un niveau record de 330 400 en 2023.

Un constat qui cache cependant des hétérogénéités fortes que ce soit au niveau sectoriel ou bien géographique. Le renversement de dynamique projeté pour 2026 est ainsi essentiellement lié à l’investissement ; son atonie ces deux dernières années ayant fortement pénalisé (recul des embauches de près 5 % en 2025) les services à forte valeur ajoutée tels que l’informatique, l’ingénierie-R & D ou encore le conseil. Des domaines qualifiés de « traditionnels moteurs de l’emploi cadre » qui profiteraient d’un investissement des entreprises en nette hausse en 2026 - + 1,2 % - et verraient les embauches de cadres y progresser de 6 %.

 

Épée de Damoclès

 

Un grain de sable pourrait néanmoins enrayer cette dynamique : le conflit armé au Moyen-Orient. Les récentes révisions à la baisse de la croissance par les prévisionnistes en témoignent, que ce soit en France, en Europe ou ailleurs sur la planète. Du côté de l’Apec, on redoute que des affrontements prolongés n’aient des conséquences pour « les trois moteurs de la croissance française (consommation, investissement et commerce extérieur) [qui] pourraient se gripper et mettre à mal l’embellie qui se dessinait ».

Un frein dont se seraient bien passés de nombreux secteurs à commencer par l’industrie, laquelle devait mettre derrière elle une année 2025 « délicate » et retrouver des couleurs avec des recrutements de cadres « orientés à la hausse en 2026 (40 950 embauches prévues soit + 3 %) ». Elle bénéficie largement de la bonne santé de l’automobile, aéronautique et autres matériels de transports où les recrutements sont attendus en hausse de 12 %. Les équipes de l’Apec expliquent qu’avant les affrontements de ces dernières semaines, 2026 semblait sonner comme une année relativement standard des recrutements de cadres et permettant de tourner la page du covid et de son rattrapage.

 

Transformation

 

Difficile également de percevoir des effets clairs de l’intelligence artificielle dans les embauches, bien que de plus en plus d’offres d’emploi la mentionnent. Les conséquences du regain d’intérêt pour la défense sont quant à elles bien plus aisément perceptibles, ce secteur étant qualifié de moteur dès l’an passé et comme devant monter en puissance cette année. Les équipes de l’Apec soulignent les difficultés des acteurs à recruter, particulièrement en aval des chaînes de valeur, face auxquelles les entreprises commenceraient à se structurer pour répondre à leurs besoins.

Ces deux dernières années ne semblent pas avoir été favorables aux deux extrêmes de la population active, qu’il s’agisse des jeunes cadres ou bien de leurs homologues seniors. Pour ces derniers, l’Apec confie qu’on « est toujours dans un monde du travail où c’est difficile » et ce bien que leur taux d’emploi ait progressé ces dernières années. On reste cependant loin des niveaux observés dans d’autres pays européens et il faut compter plutôt sur la croissance pour augmenter le taux d’emploi de ces deux tranches d’âge. La progression de l’activité économique étant à même de faire croître les tensions sur le marché du travail et historiquement « les entreprises modifient alors leurs critères et souvent de façon bénéfique aux plus jeunes et aux plus anciens ». Pour l’heure, les firmes « hésitent un peu à recruter les plus jeunes et privilégient les cadres avec un peu plus d’expérience ».

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