Macro-économie / Taux / Apec / Cadres / rémunération
Macro-économie / Taux
Apec / Cadres / rémunération
Le pouvoir d’achat des cadres s’érode face à l’inflation / Les augmentations ne suffisent plus à compenser la hausse des prix
Un lent déclassement qui s’accélère en 2026. L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) établit à 2007 le début de la dynamique de perte de pouvoir d’achat des cadres du secteur privé. Depuis lors c’est une perte de l’ordre de 11,6 % qu’ils ont dû encaisser. La dynamique ne s’inverse pas en raison du recul de la part des cadres augmentés et ce quelle que soit la classe d’âge, les trentenaires et les quadragénaires sont néanmoins les plus grands perdants. La proportion d’entre eux à en avoir obtenu une a diminué de 7 à 8 points en un an.
Cela s’accompagne d’une baisse de leur rémunération médiane. À date de juin dernier, la rémunération annuelle brute médiane des cadres (fixe + variable) est passée à 54 000 euros, ce qui constitue une baisse de 1,8 % en un an. La rémunération variable ne concerne aujourd’hui plus qu’un cadre sur deux. Les seuls à tirer leur épingle du jeu semblent être les cadres de moins de 30 ans, l’Apec rapporte que « le début de carrière reste une période propice aux progressions salariales. »
Locomotive
Toutes les fonctions ne sont néanmoins pas logées à la même enseigne. Le baromètre annuel de l’Apec nous apprend que la part de cadres ayant bénéficié d’une augmentation recule « presque partout par rapport à 2025, notamment de façon plus importante pour les fonctions travaux et chantier (-15 points), production industrielle et maintenance (-12 points), ressources humaines, formation, administratif, organisation et juridique (-11 points). » Une catégorie est cependant parvenue à faire progresser le nombre de ses cadres ayant bénéficié d’une augmentation, celle des process, méthodes et planification – 61 % en 2026 contre 60 % en 2025.
Des chiffres qu’il faut analyser en tenant compte de différentes spécificités : les petites entreprises ont la particularité de fournir à la fois les rémunérations les plus faibles et d’être moins enclines aux augmentations. À l’inverse, les grandes entreprises sont à la fois plus généreuses avec plus de 61 000 euros de rémunération médiane en 2026 et en ont fait bénéficier d’une augmentation 57 % de leurs cadres.
Grogne
Le taux de cadres qui se déclarent insatisfaits de leur rémunération pouvait difficilement se replier dans ces conditions et est aujourd’hui de 57 %. La solution la plus efficace pour obtenir une hausse de celle-ci semble être de procéder à une mobilité qu’elle soit externe – 61 % ont obtenu une augmentation après l’avoir effectuée – ou interne – 68 % - bien loin devant les cadres à être restés au même poste – 42 %. Une solution qui pourrait bien tenter les cadres de 30 à 39 ans, affichés comme ceux percevant le plus la baisse de leur pouvoir d’achat. Les équipes de l’Apec expliquent que cela tient au fait « que c’est une période de la vie où un certain nombre d’entre eux et elles aspirent à avoir des enfants ou à devenir propriétaires, ce qui a un coût non négligeable, en particulier en Île-de-France où vivent 45 % des cadres du privé. »
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