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Francfort: BCE; subventions

Macro-économie / Taux / déséquilibres / G7 / Chine

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déséquilibres / G7 / Chine

Ces économistes de Francfort qui ont les déséquilibres mondiaux dans le viseur / Les subventions publiques sont pointées du doigt

Un soutien public chinois qui n’est jamais passé inaperçu et peut difficilement l’être depuis que la question des déséquilibres mondiaux est mise à l’ordre du jour du G7 cette année. Les conséquences de ce phénomène pouvent être douloureuses, sous la forme de crises financières ou de pressions déflationnistes. Plusieurs économistes rattachés à la Banque centrale européenne considèrent qu’une partie du mal pourrait bien provenir des subventions publiques accordées par certains pays, avec la Chine en ligne de mire.
Véhicules électriques. Photo par CFOTO / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Véhicules électriques. Photo par CFOTO / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Une aggravation des déséquilibres mondiaux scrutée de près. Notamment à Francfort, où pas moins de cinq économistes rattachés à la Banque centrale européenne (BCE) viennent de s’intéresser au lien entre déséquilibres mondiaux et subventions publiques. Comme nous le rappelions récemment, ce phénomène correspond au fait que l’économie mondiale compte à la fois des pays qui présentent des comptes extérieurs (balance des transactions courantes - exportations de biens, services et revenus ajustées des importations) dont l’excédent s’accroît au fil du temps, ce qui entraîne le creusement des déficits d’autres géographies.

Ce qui veut donc dire que certains pays sont structurellement importateurs nets de capitaux puisque leur épargne nationale ne suffit pas à combler leur besoin d’investissement. Ce qu’un certain nombre de dirigeants ont bien envie de voir diminuer, difficile de leur donner tort à en croire les auteurs. Lesquels, bien qu’ils s’expriment en leur nom propre et non en celui de l’institution, constatent qu’en s’intéressant aux différentes aides publiques accordées en Chine, aux États-Unis et dans la zone euro, il s’avère que « les subventions stimulent les exportations chinoises dans des secteurs stratégiquement importants. »

 

Grille de lecture

 

La question de l’utilisation intensive de subventions industrielles s’est en effet imposée dans le débat comme l’une des causes profondes de ces déséquilibres. Les résultats partagés par ces économistes s'appuient sur le tout dernier jeu de données de l’OCDE sur les groupes manufacturiers et les entreprises industrielles et ne permettent pas de lever tous les doutes sur de possibles tensions commerciales ou autres vulnérabilités.

Que ce soit dans un sens comme dans l’autre. Néanmoins, bien que le soutien public accordé aux grandes entreprises soit en hausse à l’échelle mondiale, il est indéniable que les entreprises chinoises « se distinguent tant par le montant des aides qu’elles reçoivent que par le nombre de secteurs bénéficiaires – celles qui reçoivent davantage d’aides ayant également tendance à exporter davantage ». Un phénomène bien moins présent dans la zone euro ou aux États-Unis, ce qui peut contribuer à « influencer les déséquilibres commerciaux dans des secteurs clés. »

 

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Pour autant, le travail est loin d’être exhaustif concèdent les auteurs, puisqu’ils appellent à ce que des recherches supplémentaires soient menées pour « établir un lien de causalité solide entre les subventions et les exportations ». Un travail d’autant plus essentiel que les déséquilibres commerciaux dans des secteurs en expansion, tels que le solaire, les semi-conducteurs ou encore l’automobile, ont des répercussions immédiates sur l’emploi et la pérennité de certains sites.

L’exploitation des données de l’OCDE met d’ores et déjà en évidence l’existence d’une « corrélation positive entre l’intensité des subventions et les recettes à l’étranger (indicateur des exportations) dans l’ensemble des secteurs chinois ». Un effet qui est surtout net durant les deux à trois premières années suivant la mise en place d’une subvention, avec un effet bien plus important pour les exportations des différentes industries stratégiques. Les chiffres communiqués par les économistes avancent que dans « des secteurs tels que l’automobile, les panneaux solaires, les éoliennes et les semi-conducteurs, on estime que les subventions ont contribué entre quatre et quatorze fois davantage à la croissance des exportations par rapport à l’échantillon global ».

De quoi faire une fois de plus tirer la sonnette d’alarme sur le risque que ces aides poussent les exportations « au-delà de ce que laisseraient présager les conditions économiques sous-jacentes, elles peuvent [alors] entraîner des coûts d’ajustement importants pour les partenaires commerciaux, notamment des pertes d’emplois ou une désindustrialisation, ce qui peut, à terme, provoquer des tensions commerciales ».

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