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Des stocks stratégiques de pétrole qui ne sont pas encore dégainés / Le G7 surveille la situation de près
"On n’en est pas encore là". Le ministre français des Finances Roland Lescure s’est montré très clair ce lundi quant à l’utilisation éventuelle de réserves stratégiques de pétrole à une fin de stabilisation du marché. Il venait de s’entretenir avec ses collègues du G7 en visioconférence et a indiqué qu’ils s’étaient entendus pour « suivre les choses de près, nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires ». Son entourage partageant que les participants aux discussions ont signifié leur « volonté très claire de se coordonner étroitement ».
Pour autant, il a également été évoqué des situations très différentes suivant les zones géographiques. Pour l’heure, ce sont essentiellement les pays asiatiques qui voient leurs approvisionnements être perturbés par le conflit en cours – ce sont près de 80 % du pétrole et du gaz transitant par le détroit d’Ormuz qui se dirigent en temps normal vers les pays de l’ASEAN, là où l’Europe n’est pas exposée actuellement à un risque pour ses approvisionnements mais subit néanmoins la hausse des prix. Celle-ci a d’ailleurs quelque peu été enrayée par les annonces autour des réflexions sur un possible usage des stocks stratégiques de pétroles. En ce qui concerne la France ce sont près de 118 jours de stocks qui sont actuellement disponibles à date de ce lundi.
Réaction
Il faut dire que le communiqué de presse du G7 a été pour le moins clair, ne négligeant aucun des aspects du conflit en cours, qu’il s’agisse de son impact sur la stabilité régionale ou bien de la conjoncture économique mondiale et des marchés financiers. Tout comme la sécurité des différentes voies commerciales. En ouvrant le champ des possibles, les ministres ont rassuré quelque peu des marchés qui ne sont pas pour autant irrationnels. Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions, expliquait ces dernières heures que « pour l’instant, nous ne voyons aucun signe de panique excessive ni de négligence du risque sur le marché obligataire. Les marchés semblent relativement efficients durant cet épisode, avec des mouvements de prix reflétant globalement les évolutions sur le terrain et les scénarios économiques associés ».
Se référant à l’historique disponible, il considère qu’ils intègrent rapidement les nouvelles données sur la production de pétrole et que la « hausse de la volatilité n’est pas inhabituelle au regard d’événements […] comparables ». Des différences majeures avec le passé existent cependant, notamment concernant l’Europe pour laquelle Christophe Boucher considère que la situation est loin d’être la même qu’en 2022. Il invoque un triptyque de changements composé d’un « choc actuel [qui] est nettement moins sévère, en particulier pour le gaz naturel », d’une absence de goulets d’étranglements liés au Covid comme amplificateurs de la crise et enfin d’un Vieux continent structurellement plus à même d’affronter ce genre de perturbation.
Rétablir
Il avertit cependant que l’usage éventuel de ces stocks stratégiques n’est pas miraculeux, ces derniers peuvent certes « atténuer la pression et contribuer à calmer la flambée des prix de l’énergie, il ne s’agit pas d’une solution à long terme » pour autant. L’hypothèse optimiste d’une fin rapide des affrontements ne sonnerait quant à elle pas le retour immédiat à la normale, les estimations faisant état d’un délai de deux mois pour revenir aux niveaux de productions initiaux et ce alors que de plus en plus de pays producteurs vont devoir mettre à l’arrêt leurs installations si le conflit s’éternise – une fourchette allant de 15 à 40 jours suffirait. Les alternatives sont peu nombreuses face à un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, les équipes Global Research de Standard Chartered estimant que "les pipelines saoudiens et émiratis permettent d’acheminer environ 2,6 millions de barils par jour hors du détroit d’Ormuz".
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