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Macro-économie / Taux / terres rares / Roland Lescure / France

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terres rares / Roland Lescure / France

La France ambitionne une souveraineté renforcée sur les terres rares / Roland Lescure a présenté un plan national sur le sujet

Un pas de plus vers la fin de la dépendance de l’Hexagone aux terres rares et aux aimants permanents : telle est l’ambition portée par le plan national sur les terres rares et les aimants. Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, viennent de le présenter et de faire état de la volonté de la France de couvrir 10 % de la demande mondiale en terres rares lourdes d’ici à 2030.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie. Photo par GUILLAUME PINON / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie. Photo par GUILLAUME PINON / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

« La France a été pionnière dans la maîtrise des terres rares et dispose aujourd’hui de tous les atouts pour le redevenir ». Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie n’ont pas fait de faux-semblants ce mardi lors de la présentation du plan français sur les terres rares et les aimants. Des objectifs précis ont été dévoilés à cette occasion à un horizon 2030, allant d’un taux de couverture sur le territoire national de plus de 100 % des besoins français en terres rares lourdes, de 25 % de ceux européens en terres rares légères ou encore de 10 % des alliages nécessaires à l’industrie européenne.

Le projet du développement d’une capacité de production d’aimants permanents recyclés existe également afin de répondre à une demande européenne en aimants permanents pouvant atteindre jusqu’à 45 000 tonnes d’ici 2030. L’Hexagone n’a cependant pas attendu cette semaine pour commencer à se mettre en ordre de marche sur la question, les ministres expliquant que des projets montent en puissance - que ce soit à Lacq, La Rochelle ou encore Grenoble – et sont soutenus à hauteur de 180 millions d’euros par la puissance publique sur un total de près de 600 millions d’euros d’investissements. Ces fonds doivent permettre à l’Hexagone de fournir la matière première nécessaire pour couvrir 50 % des besoins européens en aimants permanents néodyme-fer-bore.

 

Étoffer

 

La séquence de cette semaine avait pour but de dévoiler neuf nouvelles mesures. De nature très diverse, celles-ci visent à la fois à assouplir la garantie des projets stratégiques pour les projets d’extraction de terres rares - avec l’objectif affiché de favoriser les approvisionnements des entreprises françaises -, tout comme à ouvrir des « discussions avec les traders en matières premières pour mieux sécuriser les approvisionnements en minéraux critiques ». Les différents projets liés aux terres rares pourront quant à eux bénéficier d’un crédit d’impôt industrie verte à la fois prolongé jusqu’en 2028 et simplifié. L’exigence de la transmission d’un plan de diversification des approvisionnements en aimants permanents et terres rares sera également imposée aux grandes entreprises de la filière automobile et ce afin d’être éligibles aux appels à projets automobile France 2030.

Il a également été question de prolongation pour l’appel à projets « métaux critiques » en lien avec France 2030, pour permettre le soutien d’une dizaine de projets supplémentaires d’ici l’année prochaine. Le fonds InfraVia sera également sollicité - avec le soutien de l’État – et a déjà été mobilisé pour investir dans Core Lithium en Australie et Carester à Lacq. Tous les œufs ne sont pas pour autant mis dans le même panier, avec la volonté de trouver des alternatives aux terres rares et un soutien à l’innovation autour de ces substituts.

 

Continental

 

Le volet communautaire n’est pas oublié dans cette profusion de mesures, la France aurait fait la demande d’une « prise en compte de l’origine géographique des aimants permanents dans les composants d’un moteur électrique qualifié de Made in Europe dans l’Industrial Accelerator Act et REsourceEU ». Roland Lescure a replacé cette publication dans le contexte de la présidence française du G7, laquelle place la France « aux avant-postes pour sécuriser et organiser les approvisionnements ». L’Hexagone menant à ses yeux une « stratégie offensive de partenariats internationaux », plus de vingt accords de ce type auraient ainsi été conclus ces dernières années.

Le continent ne reste pas inactif de son côté, les instances européennes cherchent également à donner les moyens aux États membres d’accélérer sur la question. Myriam Ferran, Directrice générale adjointe de la DG INTPA à la Commission européenne, expliquant ce mercredi - lors d’un événement international consacré aux minerais et labellisé dans le cadre de la présidence française du G7 – qu’il y a une prise de conscience collective que les solutions de financements actuelles ne sont pas évidentes. Notamment en raison de la difficulté à trouver des solutions de financement reposant sur un seul État membre, tant les besoins de financement par dette sont importants. D’un point de vue européen l’approche actuelle consiste donc à identifier et à soutenir en priorité les projets les plus proches d’une maturité en termes d’accès aux ressources. À date, ce sont 17 projets susceptibles d’aboutir d’ici à 2028 qui feraient l’objet d’une réflexion. Une inflexion est espérée pour le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne – sur la période allant de 2028 à 2034 – avec l’espoir partagé par la fonctionnaire européenne de pouvoir « permettre avec un seul instrument de financer tous les besoins ».

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