Macro-économie / Taux / EPR2 / France / Roland Lescure / énergies renouvelables
Macro-économie / Taux
EPR2 / France / Roland Lescure / énergies renouvelables
La France ne sacrifie pas les énergies renouvelables sur l’autel du nucléaire / Le gouvernement lance une série d’appels d’offre
Une dépendance attaquée de toute part. La France ne pouvant pas faire l’économie de leviers pour réduire son usage des énergies fossiles, voici qu’elle se lance dans de nouveaux projets tous azimuts. Nous connaissions déjà les contours du financement souhaité pour le nucléaire tricolore, voici que le reste de la stratégie prend une forme des plus concrètes. Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, souligne qu’il en coûte annuellement près de 60 milliards d’euros d’hydrocarbures à l’Hexagone en importations d’hydrocarbures.
Le locataire de Bercy déplore que cette somme soit autant de fonds qui « ne profitent pas à nos filières » et ce tout en affaiblissant la souveraineté. Les appels d’offres dévoilés cette semaine sont pour le moins cohérents avec cette ambition, le ministre expliquant que rien que sur la question de l’éolien en mer ce sont près de dix gigawatts supplémentaires qui sont à l’ordre du jour. Une capacité additionnelle qui permettrait de satisfaire la consommation annuelle de la Bretagne et de la Normandie. A l’échelle nationale, l’objectif est de satisfaire l’équivalent de 20 % des besoins en électricité à l’horizon 2050. Les attributions des appels d’offres devraient être effectives d’ici le début de l’année 2027.
Ingéniosité
La période de l’appel d’offres éolien terrestre se tiendra quant à elle dès le mois de mai, pour un volume appelé de 800 MW et un second volet aura lieu en septembre 2026. Il a été précisé que « seuls les projets ayant déjà obtenu leur autorisation environnementale pourront candidater à cet appel d’offres ». Les projets de renouvellement semblent priorisés, étant qualifiés de « plus compétitifs » et comme prenant « part à cette mise en concurrence, qui permettra de privilégier les projets les moins coûteux ». La question de l’acceptabilité sociale est également clé, la question ayant pu susciter des réactions épidermiques localement.
La période semble davantage à la temporisation pour le photovoltaïque, le travail sur les modalités de mise en place d’un appel d’offres pour le soutien au photovoltaïque a été lancé et ce pour un objectif de publication à l’automne 2026. On déplore du côté de Bercy que « la chaîne de valeur industrielle du photovoltaïque soit caractérisée par une dépendance structurelle à des capacités de production localisées hors du territoire de l’Union européenne, avec plus de 80 % des composants clés fabriqués en Chine ». Le Gouvernement annonce en avoir tenu compte pour faire évoluer les appels d’offres du photovoltaïque, lesquels doivent plus que jamais « favoriser des projets solaires compétitifs qui s’appuient sur une chaîne d’approvisionnement plus diversifiée et qui contribuent au développement d’une filière industrielle française et européenne ». Rien que les projets actuels représentent l’équivalent de 1,5 milliard d’euros d’investissements cumulés et devraient créer pas moins de 4 000 emplois à terme.
Cercle vertueux
Des projets que Bercy compte bien qu’ils bénéficient à des « entreprises des quatre coins de l’Hexagone », en participant à ce qui est qualifié de chantier du siècle. Les appels d’offres sont avancés comme étant intégrant des critères de résilience et de préférence européenne pour parvenir à cet objectif. En moins de dix ans, ce sont pas moins de 120 000 emplois supplémentaires qui sont espérés par le ministre. La garantie d’un prix de rachat moyen inférieur à 100 euros le MWh est présente dans ces projets, à l’instar de ce qui a été prôné pour les nouveaux EPR2.
Les nouveaux projets doivent également permettre de pérenniser les atouts existants de l’industrie tricolore. On souligne chez Roland Lescure qu’avec quelque 5 000 emplois industriels et 3 des 11 sites européens de fabrication des grands composants de turbines, la France soit aujourd’hui un des leaders dans la fabrication des équipements de l’éolien en mer. Les réflexions sur la fiscalité associée à ce secteur ne sont quant à elle pas encore abouties.
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