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Une compétitivité tricolore qui souffre encore et toujours des prix / Ses atouts restent également les mêmes
Des atouts sur lesquels capitaliser. Les équipes de Rexecode et de SKEMA Business School sont formelles : la France possède des qualités reconnues à l’international dès lors qu’on s’intéresse à la compétitivité hors-prix. L’enquête dévoilée par leurs soins montre une image positive auprès des acheteurs européens et ce tout particulièrement concernant l’agroalimentaire – 2e place pour la France -, les produits pharmaceutiques et d’hygiène-beauté – 3e rang accordé à l’Hexagone – ou encore l’habillement et les accessoires où la France est également sur le podium.
Les raisons de cet engouement sont limpides ; l’innovation, la qualité des produits et les services associés font l’objet d’un plébiscite améliorant le regard des acheteurs européens sur les biens de consommation tricolores. Un constat partagé par Laurent Ferrara, professeur d’économie internationale à SKEMA Business School et président de l’International Institute of Forecasters, lequel considère que « l’image des aspects hors prix des biens de consommation français reste globalement bonne sur le marché européen », pas de quoi faire disparaître pour autant « notre problème principal [qui] vient du fait que les prix des produits sont considérés comme peu compétitifs par rapport à ceux de nos concurrents internationaux ». La conséquence directe étant que le rapport qualité-prix de la France est « jugé médiocre par l’ensemble des importateurs européens interrogés, et cette perception a eu tendance à s’amplifier au cours des années récentes ».
De mal en pis
Les faiblesses de la France ne sont pas nouvelles, ce qui l’est davantage c’est cette nouvelle dégradation du rapport qualité-prix perçu. Il s’avère dorénavant que la France « n’apparaît plus dans la première moitié du classement dans aucun des quatre secteurs étudiés », un recul remarqué relativement à l’enquête réalisée en 2022 « où la France occupait encore des positions plus favorables dans certains secteurs ». Une situation qui n’est pas uniquement le fait d’un délitement de la France et d’un Made in France qui ne fait pas recette à l’étranger, les deux institutions arguant que l’analyse des principaux concurrents « confirme la pression croissante exercée sur les exportateurs français »,
C’est le cas pour les pays d’Europe centrale et orientale, qui continueraient de « bénéficier d’un avantage tarifaire structurel », alors que dans le même temps les progrès de la Chine sur les critères qualitatifs contribuent à en faire un concurrent de plus en plus sérieux. Même chose pour ceux qui sont à nos frontières tels que l’Allemagne, qui souffre également de voir ses produits considérés comme de plus en plus onéreux par les acheteurs européens bien que ces derniers lui attribuent également « une position dominante sur les critères hors-prix, grâce à une réputation de qualité et de fiabilité industrielle ».
Long terme
De quoi corroborer la dynamique des dernières décennies où la France a renforcé ses points forts tels que l’habillement et les accessoires – où la part de la France dans les exportations européennes était de 18,6 % en 2024 contre 12,1 % en 1995. À l’inverse, la France a cédé du terrain face à la concurrence que ce soit « dans l’agroalimentaire, la pharmacie-hygiène-beauté et l’équipement du logement, [où] le poids des exportations françaises dans l’Union européenne a été divisé par deux en trente ans, confirmant la perte de terrain face à des concurrents plus compétitifs ». On ne veut pourtant pas voir le verre à moitié vide du côté d’Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, lequel explique que l’étude réalisée « objective le positionnement de nos exportations sur l’ensemble des critères hors-prix. Elle éclaire ainsi sur notre capacité à inscrire la réindustrialisation dans la durée. Dans un contexte de remontée des mesures protectionnistes, la compétitivité hors-prix constitue un facteur déterminant de résilience pour nos exportateurs ».
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