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Agence internationale de l'énergie / pétrole / Plassard
La géopolitique donne le ton au marché pétrolier / L’offre demeure abondante pour l’heure
L’Organisation des pays producteurs de pétrole n’aura pas renversé la tendance. D’ordinaire des plus optimistes, le cartel a annoncé cette semaine tabler sur une baisse de la demande de quelque 400 000 barils par jour (bpj) pour le pétrole brut au deuxième trimestre. Les différents observatoires notent cependant que le marché tend à davantage avoir les yeux rivés sur les discussions entre Donald Trump et les dirigeants du Moyen-Orient plutôt que sur les publications des différents prévisionnistes de référence. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient néanmoins de dégainer son rapport mensuel et d’annoncer une légère révision à la baisse de la demande de pétrole en 2026 – de quelque 80 000 barils par jour – de quoi placer la croissance de l’offre encore bien au-dessus de celle de la demande pour les mois à venir.
Une opinion partagée par John Evans, analyste chez le courtier pétrolier PVM, qui considère ce matin qu’il « faut un marché pétrolier inquiet pour ignorer une augmentation hebdomadaire des stocks de brut de l’EIA de 8,53 millions de barils, même si celle-ci peut s’expliquer par une baisse de l’activité des raffineries ». L’expert explique qu’une fois de plus, la vigueur des prix du pétrole vient en contradiction avec un certain nombre d’informations. La possibilité d’un blocage des quelque 20 millions de barils transitant chaque jour dans le détroit d'Ormuz supplantant l’augmentation des stocks et la baisse de la demande.
Tiraillé
Un constat que fait également John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, celui-ci expliquant que le pétrole évolue désormais « à la croisée de deux forces contraires : une prime de risque qui pousse vers le haut, et des fondamentaux d’inventaires qui appellent à la prudence ». De quoi justifier que le pétrole ait repris de la hauteur cette semaine, « le WTI (West Texas Intermediate, type de pétrole brut utilisé pour fixer le prix de l’or noir dans les contrats à terme sur le New York Mercantile Exchange) se rapprochant de la zone des 65 dollars le baril, dans un marché qui réintègre une prime de risque géopolitique plus marquée au Moyen-Orient ».
L’analyste perçoit une situation où chaque évolution de la situation géopolitique est susceptible de soutenir les cours du pétrole. Comme le font déjà les rumeurs d’interceptions de tankers transportant du brut iranien, ou l’arrivée d’un nouveau groupe aéronaval dans la région comme conséquence d’un échec des négociations portant sur le nucléaire.
Ambitions
Cependant, du côté de John Evans, on explique que « la campagne visant à légitimer la prise de contrôle à peine déguisée du secteur pétrolier vénézuélien par les États-Unis a commencé à s’accélérer ». L’analyste souligne qu’il est rapidement devenu « évident que l’objectif réel de cette opération sous faux pavillon était les énormes ressources pétrolières du Venezuela ». De quoi laisser à penser que Washington examinera sous toutes les coutures un plan d’action contre l’Iran pouvant déstabiliser le marché pétrolier. Le cap fixé par Donald Trump concernant Caracas témoigne de l’ordre des priorités avec une intervention exposant que « ce que nous voulons, c’est régler la question du pétrole, remettre le pays sur pied, le ramener à la normale, puis organiser des élections ».
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