WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Rexecode / France / Compétitivité

Macro-économie / Taux
Rexecode / France / Compétitivité

Le secteur des services vole au secours de la compétitivité tricolore / Rexecode estime que la France doit désormais porter ses efforts sur la compétitivité hors prix et l’innovation 

Des atouts précieux qui appellent à une montée en puissance. C’est le constat fait par Rexecode dans son dernier document de travail en date, consacré à la compétitivité française en 2025. Les satisfactions, notamment sur le front des services, n'empêchent pas l’Hexagone de devoir affronter les mêmes écueils que le reste du continent.
Drapeau Français. Photo par XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Drapeau Français. Photo par XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Un bon élève dans un continent qui fait le dos rond. C’est le constat posé sur la France par le centre de recherche pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises (Rexecode), ce dernier décryptant le solde des échanges de biens et services de la France pour 2025 et ce sous plusieurs facettes. La première d’entre elles étant l’amélioration relative de cet indicateur par rapport à son niveau prépandémique bien qu’il demeure déficitaire – de l’ordre de -0,4 % du PIB au titre de l’année dernière.

Une progression alors même que « les échanges de biens sont plus déficitaires qu’il y a six ans », qui s’explique par la bonne santé des services dont l’excédent a progressé ces dernières années. Ce dernier a ainsi beau se replier de près de 3 milliards d’euros entre 2024 et 2025, il n’en demeure pas moins deux fois plus important qu’il ne l’était en 2019. Là où la situation des biens a beau connaître une amélioration l’an passé, son déficit demeure de l’ordre de 73 milliards d’euros – contre 79 milliards d’euros un an auparavant.

 

Contenir

 

Derrière cet état des lieux, les efforts tricolores sont pourtant loin d’être inexistants et chez Rexecode on explique que « l’hémorragie des parts de marché des décennies 2000 et 2010 a été endiguée au prix d’un effort important sur les prix d’exportation français pour les biens manufacturés, qui ont crû moins fortement que ceux de nos grands voisins ». Un inversement de tendance permis grâce aux efforts entrepris sur le coût du travail ainsi que sur la fiscalité de production. De quoi expliquer que la France ne décroche pas au sein du Vieux continent et parvienne à stabiliser sa part dans les exportations de la zone euro, la publication expliquant que « celle-ci fluctue autour d’un plateau bas d’un point environ inférieur à son niveau de 2019 ».

Pour autant se comparer uniquement à nos proches voisins peut conduire à s’aveugler quelque peu, notamment puisque l’ensemble de l’Europe souffre d’une dégradation de sa compétitivité ces dernières années. Les raisons sont claires pour les équipes de Rexecode, à savoir d’une part la montée des prix énergétiques européens, la course technologique effrénée de la Chine, l’appréciation de l’euro et enfin la fermeture américaine. De quoi conduire à ce qu’entre 2024 et 2025, la part de la zone euro dans les exportations mondiales de marchandises ait diminué de près de 3 points.

 

Aller de l’avant

 

Pour autant pas question d’être défaitiste et il est avancé que l’attractivité de la France « se maintient malgré l’incertitude politique », malgré une situation où s’opère une « baisse des annonces de projets d’investissement, dans un environnement de taux d’intérêt toujours élevés et de compétition accrue entre pays pour attirer des investissements industriels et technologiques ». Sur ce plan-là, la comparaison avec les voisins est plus heureuse pour la France avec une « bonne résilience sur le plan des investissements industriels ». L’indicateur d’industrialisation de Rexecode indique pour l’heure que le trou d’air constaté en 2024-2025 serait derrière nous. Le constat d’un rebond doit néanmoins être confirmé dans les semaines à venir, pas question de crier victoire trop tôt.

Pas de quoi dénouer totalement le nœud gordien tricolore, la France devant réussir à concilier le redressement des comptes publics, avec la préservation des progrès « réalisés en compétitivité des entreprises qui nous ont rapprochés de la moyenne des autres grands pays européens ». L’Hexagone affiche toujours un coût du travail et des prélèvements nets sur la valeur ajoutée supérieurs à ceux du reste du Vieux continent. De quoi faire arguer aux équipes de Rexecode que d’une part « le sujet de la compétitivité se déplace désormais au niveau européen vis-à-vis du reste du monde » et d'autre part que le « rétablissement de notre compétitivité passera aussi par l’innovation et la compétitivité hors-prix ».

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article