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Macro-économie / Taux / pétrole / Agence internationale de l'énergie / cours

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La demande d’or noir reprend du poil de la bête / L’offre demeure largement excédentaire

Un déséquilibre qui se réduirait sur le marché du pétrole. Dans ses  dernières prévisions, l’Agence internationale de l’énergie vient en effet de réviser à la hausse la croissance de la demande de pétrole pour 2026. Il y est désormais question d’une hausse de quelque 930 000 barils par jour (bpj), là où c’était uniquement 860 000 bpj qui étaient évoqués jusque-là. Pas de quoi empêcher l’offre de rester largement plus abondante que la demande cette année, et les cours de rester à des niveaux relativement bas.
Puit de pétrole. Getty Images via AFP
Puit de pétrole. Getty Images via AFP

La transition énergétique ne fait pas entièrement barrage à la demande d’or noir. Pour l’heure, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) constate qu’un sursaut de la demande de matières premières pétrochimiques entraîne, certes, une demande plus forte en 2026 qu’anticipé initialement. Cependant, cela n’empêche pas d’autres moteurs pour l’or noir de s’éteindre peu à peu. On retrouve en effet la trace des affirmations de Fatih Birol sur l’avènement de la transition énergétique.

Cette dernière se traduit en effet par l’AIE par "un ralentissement persistant de la croissance de la demande d’essence". L’offre n’est pas non plus exempte de toute fluctuation, s’étant repliée de 350 000 barils par jour (bpj) pour s’établir à 107,4 millions de bpj pour le mois de décembre. Nettement en dessous du pic – près de 109 millions de bpj – de septembre dernier et ce en raison des baisses récentes de la production de plusieurs membres de l’OPEP situés au Moyen-Orient concomitamment à une dynamique similaire au Kazakhstan. Seul le regain de forme de l’offre provenant de Russie a joué dans le sens opposé.

 

Profondeur

 

Le marché semble de fait bien approvisionné, comme en témoigne l’analyse de l’AIE de ce début d’année où les prix de référence du pétrole brut ont certes "bondi d’environ 6 dollars le baril au début de l’année, suite aux développements géopolitiques en Iran et au Venezuela, avant de se replier en milieu de mois avec l’apaisement des tensions". Revenant également sur la fin d’année passée, il est là question d’un "prix du pétrole brut daté de la mer du Nord [qui] a baissé de 0,99 dollar le baril en décembre pour s’établir en moyenne à 62,64 dollars le baril, les marchés restant bien approvisionnés", ce qui s’avère être le sixième mois consécutif de baisse pour cette référence, les prix ayant même atteint leur plus bas depuis 2021 en s’établissant à 60,07 dollars le baril.

Une situation qui fait que sur une période d’un an, les prix de référence du pétrole brut demeurent inférieurs de 16 dollars le baril à leur niveau d’alors. Ce que l’agence dirigée par Fatih Birol considère comme "reflétant l’important excédent d’offre mondial qui s’est accumulé au cours des 12 derniers mois, conformément à nos prévisions". Les stocks accumulés tout au long de l’année n’y sont pour rien, avec rien qu’au mois de novembre, un bond de ces derniers de 2,5 millions de bpj soit 75 millions de barils sur la période. À date, les données disponibles pour décembre vont dans le sens d’une nouvelle hausse émanant en particulier de la Chine.

 

Continuer

 

Un excédent qui est le fruit de la hausse continue de l’offre de pétrole tout au long de l’année et non pas émanant du cartel pétrolier. Celui-ci semblant certes s’accommoder des cours actuels mais demeurant dépendant de cette manne précieuse pour l’équilibre budgétaire de l’essentiel de ses membres. C’est donc les producteurs non-membres de l’OPEP+ qui ont représenté près de 60 % de l’augmentation totale de 3 millions de bpj et tout particulièrement "les cinq pays du continent américain (États-Unis, Canada, Brésil, Guyana et Argentine) [qui] ont dominé les augmentations de production des pays non-membres de l’OPEP+ ". Dans l’état actuel des choses - à politique inchangée de l’OPEP+ et sous réserve que la production de schiste américain ne fléchisse pas - l’offre mondiale de pétrole pourrait augmenter de 2,5 millions de barils par jour supplémentaires cette année.

De quoi amortir quelques secousses et un constat corroboré par les équipes de LB PAM, celles-ci expliquant cette semaine que les chocs géopolitiques " peuvent amener de la volatilité, mais [que] l’excès d’offre maintiendrait les prix faibles ". L’Arabie saoudite étant citée comme pouvant combler un potentiel déficit d’offre en raison de nouvelles contraintes sur Moscou ou Téhéran. Une période de surabondance qui pourrait cependant ne pas durer à en croire Charu Chanana, responsable de la stratégie investissement chez Saxo Bank, l’experte a profité de son passage à Paris pour mettre en garde contre le manque d’investissement. Elle considère que les prix bas peuvent inciter les acteurs à se concentrer sur leur discipline au détriment de l’investissement dans de nouveaux projets, ce qui est susceptible de détériorer l’offre disponible sur un horizon de plus long terme.

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