Macro-économie / Taux / Fatih Birol / Agence internationale de l'énergie / renouvelable
Macro-économie / Taux
Fatih Birol / Agence internationale de l'énergie / renouvelable
Fatih Birol voit les énergies renouvelables tenir le cap / La hausse de l’incertitude ne l’ébranle pas dans ses convictions
La force tranquille. L’optimisme ne semble pas quitter Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ce dernier voit pour l’heure un risque majeur pointer le bout de son nez dans une forêt d’évolutions des marchés. Il s’agit de la multiplication des risques liés à la sécurité énergétique, les récents incidents en Espagne ou au Chili mettant en avant qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur les questions d’approvisionnement.
Celles-ci n’en demeurent pas moins éminemment importantes, notamment en ce qui concerne les minerais critiques. Il a martelé que "plus de la moitié de ces minéraux stratégiques sont soumis à des contrôles à l’exportation", conséquence directe de la stratégie déployée par l’Empire du Milieu. La Chine étant actuellement le principal raffineur de 19 des 20 minéraux stratégiques liés à l’énergie, avec une part de marché moyenne d’environ 70 %.
Contrôle
La mainmise sur l’énergie et l’assurance de pouvoir en disposer en quantité suffisante et à des prix abordables font également dire au patron de l’AIE que désormais "les États prennent les rênes" et que "les gouvernements interviennent de plus en plus pour influencer le cours des choses, plutôt que de s’en remettre au marché". À ce titre, il affirme que "les prix du pétrole sont déjà sous pression en raison d’une offre relativement abondante et il en sera bientôt de même sur les marchés du gaz naturel". Cependant, il met également en garde en expliquant qu’un manque d’investissement dans l’énergie lié à ces prix bas pourrait bien avoir des conséquences fâcheuses dans les années à venir.
Une autre évolution surviendrait également : ni plus ni moins que le déplacement du centre de gravité des marchés mondiaux de l’énergie en direction d’un groupe d’économies émergentes, menées par l’Inde et l’Asie du Sud-Est et rejointes par des pays du Moyen-Orient, d’Amérique latine et d’Afrique. Il constate que cet ensemble de pays prend "le relais de la Chine, qui a représenté plus de la moitié de la croissance de la demande mondiale de pétrole, de gaz et d’électricité depuis 2010 ". Difficile en effet pour une économie à elle seule de se substituer au formidable moteur de croissance que fut la Chine durant plusieurs décennies.
Virage
Une dynamique qui s’accompagne également de la conviction du dirigeant que le monde est définitivement entré dans l’ère de l’électricité. Il s’appuie pour cela sur le constat que "plus de la moitié des investissements annuels dans le secteur énergétique mondial sont consacrés à l’électricité" et qu’elle est "la principale source d’énergie pour les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale – tels que l’intelligence artificielle, les centres de données et la production de haute technologie". De quoi le rendre résolument optimiste quant à la croissance des énergies décarbonées qu’elles soient renouvelables ou nucléaires. L’essor de ce dernier est notable, après un début de siècle difficile, et est amené à se poursuivre avec plus de 70 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires actuellement en construction, un niveau parmi les plus élevés de ces 30 dernières années.
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