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Macro-économie / Taux / AIE / Fatih Birol / pétrole

Macro-économie / Taux
AIE / Fatih Birol / pétrole

Le déficit d’investissement à destination du pétrole et du gaz pourrait devenir problématique / Le marché de l’énergie n’est pas à l’abri d’être déséquilibré

A vouloir aller plus vite que la musique sur la transition énergétique, des flux trop faibles vers la production de gaz et de pétrole pourraient sérieusement déstabiliser la sécurité énergétique et avec elle les marchés de l’énergie. Une menace prise très au sérieux par l’Agence internationale de l’énergie, cette dernière arguant que près des 90 % des investissements annuels servent aujourd’hui à maintenir la production aux niveaux actuels et à empêcher des pans entiers de l’offre de disparaître.
Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE. Photo by WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE. Photo by WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Une transition à faire de manière ordonnée. Dès lors que la planète est toujours friande d’énergies fossiles et continuera vraisemblablement à en consommer de plus en plus dans les années à venir, il est difficile d’imaginer des conséquences heureuses à un déclin brutal de l’offre de gaz et de pétrole. C’est pourtant un scénario à ne pas exclure et dont les conséquences viennent d’être décrites par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Celle-ci expliquant qu’investir dans les gisements existants ne suffirait pas dans tous les cas et qu’il va falloir plus de 45 millions de barils par jour de pétrole et près de 2 000 milliards de mètres cubes de gaz en provenance de nouveaux gisements conventionnels et ce d’ici 2050 afin d’avoir le même niveau de production qu’aujourd’hui.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne au vu des données communiquées par l’agence basée à Paris, celle-ci expliquant notamment que "les taux de déclin varient considérablement selon les types de gisements et les zones géographiques". Ce qui se caractérise par des gisements pétroliers terrestres géants du Moyen-Orient qui enregistrent "un déclin inférieur à 2 % par an, tandis que les gisements offshores plus petits en Europe affichent une moyenne supérieure à 15 % par an", là où la dynamique est plus marquée pour les gisements de pétrole de réservoirs étanches et de gaz de schiste étant donné que "sans investissement, la production chute de plus de 35 % au cours de la première année et de 15 % supplémentaires au cours de la deuxième année".

 

Temps long

 

La disparition d’une partie de l’offre est d’autant plus dommageable que créer un nouveau site de production est loin d’être une mince affaire. Entre la délivrance d’un permis d’exploration pour le pétrole et le gaz et la production effective, il faut compter près de deux décennies. Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, a également martelé cette semaine qu’effectivement "seule une petite partie des investissements en amont pétroliers et gaziers sert à répondre à la hausse de la demande, tandis que près de 90 % des investissements annuels en amont sont consacrés à compenser les pertes d’approvisionnement sur les gisements existants".

Le jeu des comparaisons a certes ses limites, cela n’a pas empêché le directeur de l’agence de s’y aventurer, celui-ci expliquant au sujet de l’or noir que "l’absence d’investissements en amont ferait disparaître chaque année de l’équilibre du marché mondial l’équivalent de la production combinée du Brésil et de la Norvège " avec les conséquences fâcheuses pour les cours mondiaux et la sécurité énergétique d’une partie du globe. La donne n’était pas la même il y a quelques années selon lui et a fini par changer de par l’exploitation de nouveaux sites dont la production est de plus en plus coûteuse avec le temps.

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