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La publication annuelle de Netflix fait douter Wall Street / En dépit de sa vigueur, les prévisions ne séduisent pas les investisseurs
L’attention des marchés ne s’est visiblement pas concentrée sur les bonnes nouvelles que Netflix est venu leur apporter avec sa publication annuelle. Le titre du géant du streaming a décroché de près de 6 % dans les échanges électroniques d’après-clôture à Wall Street et continue d’évoluer en territoire négatif avant l’ouverture de la Bourse new-yorkaise. La firme californienne a pourtant tenu ses promesses au cours de son exercice 2025, atteignant ou dépassant l’ensemble des cibles financières qui avaient été fixées.
Ses revenus, à 45,2 milliards de dollars, ont par exemple grimpé de 17 % à taux de change constants, grâce à une augmentation du nombre d’abonnés et du chiffre d’affaires tiré de la publicité plus élevée que prévu. Ce dernier a d’ailleurs, comme cela avait été anticipé, plus que doublé sur l’année pour se fixer à 1,5 milliard de dollars. La marge opérationnelle du groupe a de son côté grimpé à 29,5 %, en hausse de trois points sur un an. Le bénéfice net annuel tutoie quant à lui les 12 milliards de dollars. Le groupe a aussi généré 9,5 milliards de dollars de free cash-flows en 2025 (contre 6,9 milliards de dollars en 2024, ceci sachant que le versement prévu d’environ 700 millions de dollars lié au litige en cours avec les autorités fiscales brésiliennes a été reporté de 2025 à 2026, précise la firme).
Enfin, si Netflix ne rend plus compte de la croissance de sa base d’abonnés trimestre par trimestre, l’on sait désormais qu’elle a franchi la barre des 325 millions d’entre eux. Il faut dire que le groupe leur a donné de quoi vouloir se brancher sur sa plateforme : la fin d’année a notamment été marquée par la très attendue dernière saison de la série Stranger Things (120 millions de vues), par la sortie du film Frankenstein (102 millions de vues) ou encore par celle du documentaire sur l’affaire P.Diddy (54 millions de vues). De quoi faire grimper l’engagement des utilisateurs, qui pourront s’attendre à de nouvelles sorties cette année, notamment sur le plan des productions originales. Un terrain sur lequel Netflix ne cache pas ses ambitions et qui sera notamment nourri par la nouvelle saison de Bridgerton, ou bien par l’adaptation sous forme de film de la célèbre série Peaky Blinders.
Plusieurs contrepoids
Ce bilan d’exercice solide n’a pourtant pas suffi à emporter l’adhésion des marchés. Certains éléments de nuance, en matière de perspectives, restent en effet à relever. Il y a tout d’abord celui d’une croissance plus mesurée : les revenus du groupe devraient s’apprécier dans une fourchette comprise entre 12 % et 14 % en 2026. Un rythme inférieur à celui enregistré cette année. Ensuite, les recettes publicitaires devraient "environ" doubler, indique Netflix, alors qu’elles ont été multipliées par 2,5 en 2025. La marge opérationnelle devrait de son côté s’afficher à 31,5 %, contenant environ 275 millions de dollars de coûts d’acquisition.
Elle reflète également la hausse de 10 % prévue des dépenses qui seront consacrées à la production de séries, films et émissions de la plateforme, alors que le groupe a déjà déployé 18 milliards de dollars à ce sujet en 2025. Tout ceci en poursuivant donc le projet d’acquisition de Warner Bros, pour laquelle une offre désormais entièrement en cash – prenant la suite du bras de fer l’opposant à Paramount sur le sujet – à 72 milliards de dollars hors dette est prévue depuis hier (82,7 milliards de dollars dette comprise).
La copie initiale, présentée en décembre, avait privilégié un paiement mêlant numéraire et actions Netflix. Les actionnaires de Warner Bros seront, en tout cas, invités à voter sur cette offre à l’occasion d’une assemblée générale au mois d’avril. Et Netflix espère que cette nouvelle mouture permettra ainsi d’accélérer le processus de vote. Alors que le groupe a déjà fait savoir qu’il avait obtenu des engagements pour un prêt relais qui servira à financer, en grande partie, cette opération, il a aussi annoncé une dernière nouvelle au cœur de sa publication, n’étant pas nécessairement des plus appréciables pour les actionnaires : "Dans ce cadre, nous suspendrons nos rachats d’actions afin d’accumuler des liquidités pour aider à financer l’acquisition en cours de Warner Bros", a prévenu Netflix.
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