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Russie; Venezuela; Opep

Macro-économie / Taux / pétrole / Demande mondiale / Agence internationale de l'énergie

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pétrole / Demande mondiale / Agence internationale de l'énergie

L’abondance d’or noir se réduit sous l’effet des sanctions / Moscou et Caracas payent la note en novembre

Des exportations de pétrole en provenance de Russie et du Venezuela qui dégringolent en novembre et se traduisent dans les données de l’Agence internationale de l’énergie par une diminution de l’offre mondiale d’or noir de près de 610 000 barils par jour. Des flux réduits qui s’expliquent par les sanctions appliquées contre les deux régimes autoritaires. Pas de quoi menacer un marché pétrolier pour lequel les différents observateurs continuent à tabler sur un large surplus d’offre en 2026.
Pétrolier russe. Photo by Handout / Havariekommando / AFP
Pétrolier russe. Photo by Handout / Havariekommando / AFP

Un surplus de pétrole remis en cause. L’adéquation entre l’offre et la demande pourrait être meilleure que prévu l’année prochaine, c’est ce qui transparaît des données dévoilées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ce jeudi. Le prévisionniste annonce en effet que l’offre mondiale a diminué de quelques 610 000 barils par jour le mois dernier – dans la lignée du mois précèdent – et il n’est pas fait mystère de la provenance de cette diminution. C’est en effet l’Organisation des pays producteurs de pétroles (OPEP) et ses alliés qui en sont à l’origine – à hauteur des trois quarts – ce qui s’explique par les sanctions dont souffrent Moscou et Caracas.

Rien que pour le pays dirigé par Vladimir Poutine, c’est une baisse des exportations de quelque 420 000 barils par jour qui est enregistrée pour le mois de novembre. En y combinant la baisse des cours, l’AIE explique que cette variation a conduit à une diminution des recettes du régime russe de l’ordre de 3,6 milliards de dollars relativement aux chiffres de novembre 2024 – de l’ordre de 14,6 milliards de dollars. Une nouvelle donne qui conduit l’agence à ramener ses prévisions de croissance mondiale de l’offre de pétrole à 3 millions de barils par jour (mbj) pour 2025 – une diminution de 0,1 mbj – et à 2,4 millions mbj pour 2026 – en repli de 0,02 mbj.

 

Décalage

 

Les équipes de Fatih Birol ont également profité de l’occasion pour évoquer le "décalage apparent entre, d’une part, l’excédent mondial actuel de pétrole et, d’autre part, les stocks proches de leurs plus bas niveaux depuis dix ans dans les principaux centres de fixation des prix ". Les prix du pétrole brut n’ont en effet que relativement peu diminué lors du mois passé, l’une des explications serait à trouver dans le fait que les "contrats à terme moins avantageux décourageant le stockage". Les exportations placées sous un régime de sanctions ont également souffert des difficultés pour elle à trouver des débouchés tandis qu’il apparaît que des "expéditions record sur longue distance des Amériques vers l’Asie ont augmenté les volumes de transit".

La Chine se distingue quant à elle par ses stocks de pétrole brut, lesquels "ont augmenté de 58 millions de barils entre janvier et novembre". Les stocks pétroliers mondiaux observés par l’AIE connaissent également cette dynamique, ayant également augmenté de 424 millions de barils sur la période, ce qui n’a donc pas empêché le pétrole brut sur l’eau – c’est-à-dire les stocks se trouvant pour l’heure en transit - de progresser de 213 millions de barils depuis fin août. Une situation qui pousse l’institution à évoquer une offre mondiale d’or noir qui devrait dépasser la demande de quelque 3,815 mbj en 2026, une baisse de 0,231 mbj par rapport à la communication du mois précédent.

 

Perdurer

 

Un certain nombre d’acteurs privés se sont également prononcés ces derniers jours, à commencer par JP Morgan, ses équipes expliquant qu’elles s’attendent à ce que les stocks mondiaux deviennent encore plus conséquents l’an prochain – gagnant 2,8 mbj chaque jour. De quoi mettre considérablement sous pression les prix en l’absence de turbulence géopolitique, d’autant plus que la discipline de l’OPEP concernant les quotas de production semble s’être étiolée ces dernières années. Devant un marché difficilement capable de s’autoréguler à court terme, il ne serait pas inenvisageable de voir le baril dévisser jusqu’à 30 dollars en 2027. Une réaction dans les temps aurait quant à elle l’effet de maintenir les cours à 58 dollars l’an prochain puis 57 dollars l’année suivante.

D’autres acteurs tels que Saad Rahim, chef économiste du géant du courtage pétrolier Trafigura, évoquaient quant à eux cette semaine la montée en puissance de capacité de production à travers le monde qui rend mécaniquement difficile la bonne adéquation entre l’offre et la demande à court terme. Le chiffre d’une offre excédentaire de l’ordre de 4 % de la consommation mondiale est jugé crédible par une grande partie des acteurs. La demande ne décollant toujours pas – de l’ordre de 0,8 mbj en 2025 et de 0,86 mbj en 2026 selon l’AIE - pénalisée par l’électrification des usages et une faiblesse de l’appétit européen.

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