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Pékin; BCE; ING

Macro-économie / Taux / Chine / Guerre commerciale / importations / Exportations

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Chine / Guerre commerciale / importations / Exportations

L’excédent commercial de l’Empire du milieu atteint des sommets / La déferlante des exportations chinoises vers l'Europe n’y est pas étrangère

Une progression de l’excédent commercial qui ne semble pas devoir s’arrêter de sitôt du côté de Pékin et les tarifs douaniers ne devraient pas améliorer la situation. Cet indicateur a franchi le mois dernier la barre des 1 000 milliards de dollars. Un niveau record qui s’explique notamment par un rebond des exportations plus important qu’anticipé ; elles ont gagné 5,9 % en novembre en glissement annuel dépassant tant les prévisions que les données d’octobre.
Drapeau chinois. Photo by Cheng Xin / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP
Drapeau chinois. Photo by Cheng Xin / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

"Nous ne pouvons pas constamment importer. Les entreprises chinoises doivent venir sur le sol européen". Le constat posé par le président de la République, Emmanuel Macron, trouve un écho dans les données communiquées ce matin par les Douanes chinoises. Le plus grand exportateur au monde a encore un peu plus confirmé son statut, en dégageant pas moins de 1 080 milliards de dollars d’excédent commercial entre le début de l’année et la fin du mois de novembre.

Une situation qui continue donc à demeurer peu ou prou la même que celle rapportée par le bulletin économique de la Banque centrale européenne, ses équipes expliquant récemment que l’accélération des exportations s’accompagnait d’importations qui ne parviennent pas à tenir le rythme. C’est ce que constate Lynn Song, économiste en chef pour la Chine chez ING, celui-ci expliquant que bien que la "croissance des importations chinoises ait légèrement accéléré en novembre, passant de 1,0 % en octobre à 1,9 % en glissement annuel", il n’en demeure pas moins que "cette hausse est toutefois restée inférieure aux attentes du marché. Depuis le début de l’année, la croissance des importations est négative, à -0,6 % en glissement annuel".

 

Inexorable

 

Cela tranche avec des exportations chinoises qui ont quant à elles gagné 5,4 % en glissement annuel lors des onze premiers mois de 2025, ce qui se trouve être le même rythme que lors de l’année 2024. Le spécialiste de la Chine relevant que derrière ces donnés se cachent des dynamiques très différentes d’un partenaire commercial à l’autre, puisqu’il argue que "les données de novembre ont été meilleures grâce à l’accélération des exportations vers l’UE. Celles-ci ont augmenté de 14,8 % en glissement annuel en novembre, portant la croissance depuis le début de l’année à 8,1 % ".

Là où celles vers les États-Unis ont chuté de quelque 28,6 % en novembre, de quoi porter la baisse depuis le début de l’année à quelque 18,9 % rapportée à la même période en 2024. La dynamique reste sujette à des évolutions avec les effets dominos possibles de l’anticipation des droits de douane par les importateurs américains, une force qui devrait freiner le commerce durant plusieurs mois. Les autres géographies connaissent des variations moins conséquentes avec des exportations vers le Japon, qui progressent quant à elles de 4,3 % en glissement annuel en novembre et de 3,4 % depuis le début de l’année. L’important débouché pour la Chine que constituent les onze pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a vu les flux en sa direction chuter de 8,2 % en novembre, en glissement annuel.

 

Tournant

 

L’essentiel de cette dynamique semble porté par quelques secteurs dont font partie les semi-conducteurs – avec des exportations en hausse de 24,7 % depuis le début de l’année – ou encore les automobiles – progressant de 16,7 % - autant de hausses qui ont surpassé les exportations globales cette année selon Lynn Song. Le constat posé par ce dernier est que de manière générale "les exportations de haute technologie (6,6 %) ont également enregistré des performances supérieures, ce qui témoigne de la compétitivité croissante de la Chine dans ce domaine ".

Les récentes sorties d’Emmanuel Macron n’ont pas échappé à l’économiste d’ING. Pour autant il considère que le calendrier évoqué par le président français "serait probablement trop exigeant pour résoudre ce problème". Le chef de l’État ayant évoqué des tarifs européens sur la Chine dès lors que les déséquilibres commerciaux avec l’Union européenne ne seraient pas corrigés dans les mois à venir. Une temporalité jugée complexe tant un "pivot de la Chine vers l’établissement de la demande intérieure comme moteur clé de croissance prendra du temps" à ses yeux et du rôle essentiel du secteur automobile dans l’établissement de cet excédent commercial record. L’essor de cette industrie dans l’Empire du milieu se traduisant par une diminution de quelque 38,3 % en glissement annuel des importations automobiles chinoises. Une dynamique qui serait loin d’être achevée à en croire le spécialiste de l’économie chinoise.

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