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Macro-économie / Taux / Chine / BCE / Guerre commerciale

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Chine / BCE / Guerre commerciale

Un excédent commercial chinois qui n’en finit plus de croître / Les importations de l’Empire du milieu sont en grande partie responsables

Une dynamique qui aura fini par diverger. Habituées à progresser conjointement, les exportations et les importations chinoises semblent découplées depuis la pandémie de Covid. Depuis cet épisode, là où les exportations ont poursuivi sur leur lancée c’est tout le contraire pour les importations. Celles-ci ayant tendance à stagner tout particulièrement celles ayant trait aux biens. Entraînant tout une série de conséquences pour les partenaires commerciaux de l’Empire du milieu.
Drapeaux.Photo by Dursun Aydemir / ANADOLU / Anadolu via AFP
Drapeaux.Photo by Dursun Aydemir / ANADOLU / Anadolu via AFP

Une pression supplémentaire dont bien des marchés intérieurs se seraient passés. À en croire le dernier bulletin économique de la Banque centrale européenne, on comprend qu’une partie des déséquilibres chinois s’exportent actuellement à travers le monde. La question brûlante des effets de l’excédent commercial y est abordée et le moins qu’on puisse dire est l’augmentation de celui de Pékin ne passe pas inaperçu ses derniers mois. Tant par sa taille, que des débouchés qui s’ouvrent ou se referment à mesure que les négociations commerciales évoluent.

Les experts de l’institution expliquant avec conviction que c’est la "divergence entre la dynamique des exportations et celle des importations a entraîné un excédent commercial important", à même de perturber un grand nombre d’économies. Il faut désormais composer tant avec "une pression concurrentielle plus forte exercée par les exportations chinoises sur leurs marchés intérieurs", qu’avec la diminution de la demande chinoise pour leurs biens et une compétition exacerbée sur les autres marchés du globe.


Conjonction

 

Cette situation ne se produit par hasard, c’est le résultat d’un cocktail particulier mêlant politique au long cours attaché à diminuer la dépendance chinoise à l’étranger à une compétitivité hors prix des exportateurs chinois. On voit également être évoqué " la faiblesse de la demande intérieure en Chine, généralement associée à une baisse des importations, [qui] peut constituer un facteur supplémentaire". Il s’avère en effet que le marché de l’immobilier résidentiel tourne au ralenti en Chine depuis 2021 et s’est répercuté sur les importations. Le bilan des ménages en a également été impacté négativement, affectant leur consommation.

La structure des importations chinoises s’en ressent puisqu’étant beaucoup moins intensives en biens de consommations et en biens intermédiaires. Les pays exportant vers la Chine n’ont pas tous été affectés de la même manière, les données faisant état d’importations en provenance des économies avancées, que ce soit l’UE et des États-Unis, qui "ont diminué, tandis que celles en provenance des marchés émergents ont soit légèrement augmenté, soit sont restées stables". Les économistes formulent l’hypothèse que ces "profils d’évolution peuvent être influencés par de nombreux facteurs dépassant le cadre du présent encadré, mais les politiques commerciales peuvent également avoir joué un rôle". À titre d’exemple, il s’avère que les barrières non tarifaires de la Chine avaient été responsables de la moitié de la baisse des importations chinoises en provenance des États-Unis durant les tensions commerciales de 2018 à 2019.

 

Transformer

 

Le virage du renouvelable n’est pas à éluder non plus. L’appétit longtemps croissant de la Chine pour les énergies fossiles qu’il s’agisse du pétrole ou du charbon semble appartenir au passé. La deuxièle économie mondiale n’étant plus le moteur qu’il a constitué pour la demande d’or noir, ce qui affecte logiquement ses importations en la matière tant il demeure un nain sur le plan de l’extraction de pétrole. On souscrit également chez les auteurs à la thèse d’une économie chinoise qui se tourne dans de plus en plus de secteurs vers l’exportation.

Alors que les tensions entre Pékin et Washington ont progressé récemment, faisant craindre à certains que le marché américain se referme aux entreprises chinoises, du côté des économistes on constate que "l’augmentation des exportations chinoises vers l’UE est antérieure aux dernières tensions et coïncide plutôt avec le début du ralentissement de la demande intérieure en Chine".

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