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Allemagne / France / Politique économique
La défense et la Chine au cœur de mémos expédiés aux dirigeants français et allemands / Des économistes des deux pays avaient été sollicités par leurs gouvernements
Une fenêtre de tir pour le moins restreinte. Les gouvernements français et allemand n’ont pas dû être surpris par les mémos qui leur ont été remis en amont de leur conseil des ministres conjoint du 29 août. Une série d’experts des deux nationalités - comptant Xavier Jaravel, Jean Pisani-Ferry, Monika Schnitzer et Jakob von Weizsäcker - a insisté dans un communiqué sur plusieurs points clés. Au-delà des questions énergétiques, liées à l’IA ou autre marché du travail, dont les politiques se sont fait l’écho ce vendredi, c’est surtout leurs recommandations sur la Chine et la défense qui retiennent l’attention.
Différents auteurs qui partagent la même conclusion que la plupart des Européens, à savoir que "la guerre en Ukraine a montré que l’Europe doit investir à la fois dans des équipements de basse technologie (pour accroître sa capacité à mener une guerre d’usure) et dans l’innovation à forte intensité de R & D (pour combler son retard technologique)". Déplorant que les marchés publics de défense soient bien fragmentés, ils considèrent qu’il y a pour l’heure " un surcoût pénalisant pour les finances publiques et un frein important à la capacité d’innovation de l’Europe". Une commande publique plus flexible et tournée vers l’innovation est appelée de leurs vœux, tout comme un marché unique pour les équipements militaires.
Étincelle
Les moyens concrets pour y arriver sont dessinés, avec la suggestion de recourir à une foule de projets ambitieux touchant tant l’IA qu’à des systèmes d’armes hypersoniques, afin de diminuer des faiblesses et dépendances flagrantes. Ils auront des retombées importantes sur l’ensemble du système économique. L’expérimentation de la propriété commune d’actifs de défense clefs est évoquée éventuellement, tout comme le fait qu’elle soit "financée par l’émission d’une dette commune".
Les souhaits de voir nos deux pays collaborer davantage, que ce soit par le biais du marché ou d’un centre sur l’économie de la défense, n’appelant pas pour autant au repli sur une relation privilégiée. Évoquant la création de ce centre, les auteurs jugent que la participation "devrait être ouverte à tous les pays européens désireux de le financer, y compris le Royaume-Uni ". Une coopération qui ne doit pas s’arrêter avec la Chine sur le terrain commercial.
Maîtrise
Les économistes considèrent que sur la question du commerce avec l’Empire du milieu, il est préférable pour l’Europe de "rester ouverte au commerce et aux investissements, mais de gérer sa politique d’ouverture de manière plus stratégique dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes". Loin des positions dogmatiques, une réponse ciselée est apportée par leurs soins mêlant protection systématique des secteurs critiques sur la question sécuritaire. A contrario, il est recommandé de "ne pas protéger les industries matures et non stratégiques afin que les consommateurs et les chaînes de valeur puissent bénéficier des importations chinoises à bas prix".
Un choix qui ne sera pas aisé de faire accepter politiquement et socialement, tout comme celui d’encourager les investissements directs étrangers des entreprises chinoises en Europe, couplé à des transferts de technologies. Un moyen de permettre au Vieux continent de rattraper le retard pris dans plusieurs secteurs technologiques qui ne doit pas pour autant faire mettre de côté le développement de l’innovation. Les efforts de diversification des approvisionnements sont également recommandés.
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