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Rhin; gouvernement; conception

Macro-économie / Taux / Allemagne / Budget / investir

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Allemagne / Budget / investir

Les dépenses allemandes dédiées aux infrastructures ne portent pas leurs fruits / De plus en plus de voix s’élèvent outre-Rhin pour dénoncer un mauvais usage des fonds publics

L’exécutif allemand a beau s’en défendre, les critiques pleuvent cette semaine sur le « fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique ». Non pas sur le montant ou la durée – 500 milliards d’euros sur douze ans - de ce dernier mais plutôt concernant son efficacité. Plusieurs instituts de conjoncture dénonçant le fait que les nouvelles dettes ne permettent pas des investissements publics additionnels mais ont servi à financer des postes de dépense existants. Les équipes de l’Ifo évoquent que ce sont près de 95 % des 24,3 milliards d’euros déployés en 2025 qui ont connu ce sort, là où chez IW c’est le chiffre de 86 % qui est avancé.
Drapeau. Photo par MICHAEL NGUYEN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Drapeau. Photo par MICHAEL NGUYEN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Une sacrée épine dans le pied. Un peu plus d’un an après l’accord de la coalition au pouvoir pour la création d’un fonds de 500 milliards d’euros à destination des infrastructures (SVIK), voici que les débuts de ce dernier sont étrillés par plusieurs instituts de conjoncture. Lesquels reprochent au gouvernement de ne pas faire un usage pertinent de la dette supplémentaire contractée. Clemens Fuest, président de l’IFO, expliquant que celle-ci « devait être utilisée pour des investissements supplémentaires soutenant la croissance économique à long terme ».

C’est peu dire que le bât blesse étant donné notamment que l’État allemand a emprunté près de 24,3 milliards d’euros au titre du SVIK en 2025 et que ses investissements réels n’ont augmenté que de 1,3 milliard d’euros sur la période. Un écart de quelque 23 milliards d’euros interroge les économistes outre-Rhin, puisqu’il semble aux équipes de l’IFO que les autorités ont utilisé « presque entièrement les fonds financés par la dette à d’autres fins, en d’autres termes, pour combler les lacunes budgétaires ».

 

Rectifier

 

Des chiffres qui tordent surtout le cou à l’argumentaire selon lequel le SVIK ne produit pas ses effets en raison de délais incompressibles et d’obstacles réglementaires à sa mise en route. Emilie Höslinger, chercheuse à l’IFO, expliquant qu’un certain nombre d’élements « ont été transférés du budget de base vers le SVIK financé par crédit. Cela inclut, en particulier, les subventions dans le secteur des transports, ce qui explique pourquoi moins d’investissements ont été investis dans le budget de base que les années précédentes ». Il est encore temps de corriger ce biais, cependant et la solution avancée par l’institut basé à Munich met l’accent sur la hausse conjointe des investissements tant le budget de base que dans le cadre du SVIK.

Des constats largement partagés par les équipes de l’institut IW. Celui-ci constate qu’en 2025 « les dépenses d’investissement réelles du gouvernement fédéral, y compris le SVIK, s’élevaient à environ 71 milliards d’euros après ajustement pour les transactions financières. Cela correspond à une augmentation nominale de seulement deux milliards d’euros par rapport à 2024 – juste assez pour compenser l’inflation ». Cependant on relativise également l’ampleur de l’échec du gouvernement en rappelant que les 19 milliards d’euros qu’il comptait dépenser en provenance du SVIK se décomposent deux parties. D’une part les prévisions prévoyaient d’allouer quelque dix milliards d’euros pour le Fonds pour le climat et la transition et de l’autre près de 8,3 milliards d’euros pour les Länder. Des raisons bureaucratiques expliqueraient que « les fonds destinés aux Länder ne pourront être débloqués qu’à partir de 2026 ». L’échec sur les investissements réels du KTF est moins explicable, dans la mesure où ils « ont été inférieurs de 8,3 milliards d’euros aux prévisions et sont même tombés en dessous du niveau de 2024 ».

 

Double peine

 

Le manque d’un mécanisme de contrôle efficace est également déploré à Cologne, où on souligne que le gouvernement fédéral vient à peine d’atteindre l’exigence non contraignante pour pouvoir accéder au SVIK. Bien que l’exigence ne concerne que les dépenses planifiées et non celles réelles, elle demeure le symbole d’un problème de conception. Considérant que la première année du fonds spécial laisse un sentiment général mitigé, il est espéré pour cette année que le gouvernement se rappelle « sa promesse d’additionnalité et d’orienter systématiquement les dépenses vers les infrastructures et la neutralité climatique ».

Le temps ne manque pas pour l’heure confie à WanSquare Natalia Cardenas Frias, économiste au sein du groupe Société Générale, puisque les fonds peuvent être dépensés pendant une période de douze ans. Sur la bonne exécution du programme, elle « accorde le bénéfice du doute, étant donné que le développement de tels projets d’envergure est par nature graduel ». Chez les économistes de Société Générale on s’accorde en effet sur l’existence de contraintes du côté de l’offre – la temporalité de la construction d’une usine n’est pas en semaines mais plutôt en mois -, similaires à celles rencontrées dans d’autres pays lors de plans aux ambitions similaires. Ce qui engendre mécaniquement un temps de latence avant une montée en puissance des investissements.

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