Macro-économie / Taux / Allemagne / croissance / Dépense publique
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Allemagne / croissance / Dépense publique
L’Allemagne a sorti la tête de l’eau / Son économie a renoué avec la croissance après deux années de récession
Décevante si on se rappelle le début d’année, inespérée si on se place en avril. C’est le paradoxe de la sortie de la récession de l’économie allemande ; son retour à la croissance ne faisait aucun doute au mois de janvier et pourtant le Fonds monétaire international n’attendait pas mieux que la stabilité suite aux tensions commerciales ravivées du mois d’avril. Un des moteurs de cette embellie est à trouver dans la croissance de la consommation privée - de l’ordre de 1,4 % en 2025 contre 0,5 % l’année précédente - accompagnée par des dépenses publiques en hausse - 1,5 %.
Une dynamique que Christian Schulz, chef économiste chez AllianzGI, estime en partie due à "la baisse de l’inflation et la forte croissance des salaires [qui] ont stimulé les revenus réels et les dépenses". Pour autant, il ne se réjouit pas outre mesure de ce qu’il qualifie de "quasi-stagnation" expliquant que l’Allemagne a pu voir plusieurs vents contraires se dissiper. Qu’il s’agisse des prix de l’énergie, de l’inflation ou encore des taux d’intérêt de la BCE qui se sont normalisés et également la fin des perturbations des chaînes d’approvisionnement liées à la pandémie.
Réalité
Un autre regret est partagé par l’économiste ; celui d’une hausse des dépenses publiques qui a ralenti l’an passé de 2,6 % à 1,5 %, ce qu’il analyse comme "reflétant l’impasse budgétaire fédérale après l’effondrement de la coalition et le regain de discipline budgétaire au niveau régional". Chez Carsten Brzeski, Global Head of Macro chez ING, on verse dans l’optimisme et on se tourne vers l’avenir en considérant que "les dernières données macroéconomiques indiquent un tournant clair dans l’industrie. Les commandes industrielles ont maintenant augmenté pendant trois mois consécutifs, et même l’argument selon lequel la hausse de novembre a été due aux commandes en gros ne nous inquiète pas vraiment".
Une hausse des commandes devrait découler du programme de dépenses budgétaires à venir. L’économiste d’ING constate que pour l’heure, "les critiques négligent souvent la lenteur du processus décisionnel fédéral allemand. Il a fallu attendre la fin de l’année dernière pour que le parlement approuve le budget 2026 et près de 30 contrats d’acquisition militaire". Une fois la machine en route, il considère que l’économie nationale devrait largement tirer profit des dépenses de défense et que le secteur devrait ainsi être au soutien de la croissance l’an prochain.
Ampleur
Un rebond que les différents acteurs ne discutent pas pour 2026, les divergences étant davantage portées sur la taille de celui-ci. Christian Schulz argue que "la combinaison d’un rebond cyclique en cours et d’une meilleure exécution budgétaire génère une croissance du PIB allemand supérieure au consensus (plus de 1 %)" et se traduise par un endettement de plus de 4 % du PIB en 2026. On veut également voir de façon positive des données légèrement décevantes", dans le sens où elles pourraient atténuer diminuer les craintes de Francfort d’une inflation allemande largement alimentée par les dépenses gouvernementales.
De quoi potentiellement donner un argument de plus au Conseil des gouverneurs pour envisager une future réduction des taux. Pour autant l’économiste est quelque peu chagriné par les chiffres du bureau des statistiques en ce qui concerne le déficit budgétaire. Il est de l’ordre de 2,4 % du PIB en 2025. Ce qui est à la fois en dessous des attentes du marché - 2,7 % - et des chiffres du gouvernement dans son projet de plan budgétaire d’octobre - 3,25 %. De quoi alimenter quelques doutes concernant la bonne exécution des dépenses gouvernementales dans les mois à venir alors que le déficit est attendu à près de 4,75 % en 2026. De quoi faire vaciller le regain de forme de la plus grande économie du Vieux continent.
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