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Face à la Chine, les entreprises allemandes misent sur l’innovation plutôt que le repli / Une réponse européenne plus ferme attendue

Selon une enquête menée par la Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK) auprès d’environ 1 300 entreprises en juillet et août 2026, deux tiers des entreprises ultra-rhénanes constatent une intensification de la concurrence venue de Chine. Pour y répondre, elles privilégient l’innovation, la réduction des coûts et la conquête de nouveaux marchés, tout en appelant massivement l’Union européenne à renforcer sa stratégie face à Pékin.
porte de brandebourg, Berlin - Photo par HELENE RIGNY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
porte de brandebourg, Berlin - Photo par HELENE RIGNY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Longtemps associée à une concurrence fondée avant tout sur les coûts, l’industrie chinoise s’impose désormais sur des critères de qualité et de technologie. Pour les entreprises allemandes, cette montée en gamme transforme profondément le rapport de force, aussi bien sur leur marché intérieur que sur les marchés internationaux.

Une enquête de la Chambre allemande de commerce et d’industrie réalisée auprès d’environ 1 300 entreprises des secteurs de l’industrie, du commerce et des services, mesure l’ampleur de ce changement. Deux entreprises sur trois déclarent ressentir une concurrence croissante de la part de leurs homologues chinoises. Et pour 35 % des répondants, cette pression est désormais « forte » ou « très forte ». Sans surprise, l’industrie est en première ligne. 83 % des entreprises industrielles interrogées constatent une intensification de la concurrence chinoise et la moitié la jugent forte ou très forte. Dans le commerce, 73 % observent également une hausse de la pression. Les services, la logistique et le transport sont, eux, moins directement exposés, avec une proportion située autour d’un tiers.

Pour les entreprises industrielles allemandes, c’est surtout le marché intérieur européen qui concentre les inquiétudes. Les entreprises commerciales ressentent davantage la concurrence sur leur propre marché domestique. Quant aux sociétés implantées en Chine, elles sont logiquement particulièrement exposées sur le marché chinois lui-même. Le degré d’exposition à la Chine joue d’ailleurs un rôle déterminant. 88 % des entreprises ayant investi ou disposant d’une implantation en Chine disent ressentir une pression concurrentielle accrue. La proportion atteint 86 % chez celles qui exportent vers la Chine et 82 % chez les entreprises qui importent des produits chinois.

Face à cette évolution, le réflexe dominant n’est pas le retrait. 88 % des entreprises excluent de se retirer des secteurs d’activité directement exposés à la concurrence chinoise. La priorité est plutôt de renforcer leur propre compétitivité. 60 % misent sur l’innovation produit, tandis que la moitié cherchent à réduire leurs coûts. Près de quatre entreprises sur dix accélèrent parallèlement leur recherche de nouveaux marchés.

La coopération avec des acteurs chinois constitue également une stratégie pour certaines entreprises. 31 % envisagent ou pratiquent des coopérations avec des partenaires chinois, une proportion qui grimpe à 49 % parmi les entreprises fortement dépendantes des importations chinoises de biens et de matériaux.

Le mouvement ne signifie toutefois pas que toutes les entreprises souhaitent renforcer leur présence en Chine. 19 % envisagent de déplacer leurs investissements en raison de la concurrence croissante, une proportion qui double parmi celles qui disposent déjà d’activités dans le pays. Seules 12 % envisagent un retrait complet de leur activité.

En outre, l’enquête révèle une forte demande d’action collective au niveau européen. 67 % des entreprises interrogées souhaitent une position européenne unifiée dans la politique économique extérieure vis-à-vis de la Chine. Cette demande de coordination s’accompagne d’un objectif de réduction des vulnérabilités. 60 % veulent que l’Union européenne diminue ses dépendances stratégiques, tandis que 49 % souhaitent exclure les entreprises chinoises de certains projets d’infrastructures critiques.

La volonté de renforcer les instruments de défense commerciale est également majoritaire, mais plus nuancée. 55 % des entreprises approuvent, totalement ou partiellement, un durcissement de la politique commerciale à l’égard de la Chine, même si celui-ci devait entraîner des conséquences négatives pour leur propre activité. À l’inverse, 37 % y sont plutôt ou totalement opposées. Le soutien à des restrictions supplémentaires sur l’accès des entreprises chinoises au marché européen est plus limité : 36 % y sont favorables. Cette proportion monte toutefois à 42 % chez les entreprises qui ressentent directement la pression concurrentielle.

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