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Macro-économie / Taux / Allemagne / croissance / Moyen-Orient

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Allemagne / croissance / Moyen-Orient

La croissance allemande sabrée par les prévisionnistes / Outre-Rhin, les instituts de conjoncture viennent de la réviser brutalement

Un rebond qui a du plomb dans l’aile. Cinq instituts allemands de premier plan viennent d’ajuster conjointement leurs prévisions de croissance. Certes, il n’est pas question d’un retour à la récession de 2023 et 2024 - respectivement -0,9 % et -0,5 % de croissance du PIB - cependant, le conflit au Moyen-Orient enraye la dynamique de l’économie ultra-rhénane. Il n’est plus question que d’une progression de 0,6 % en 2026 et de 0,9 % en 2027. Pour rappel, il y a quelques mois ces chiffres étaient encore projetés à 1,3 % et 1,4 % avant déjà d’être revus à la baisse en début d’année.
Drapeau allemand. Photo par MICHAEL NGUYEN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Drapeau allemand. Photo par MICHAEL NGUYEN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Les coups portés par les conjoncturistes allemands épargnent cette fois l’action gouvernementale. Après avoir dernièrement produit une critique virulente des actions de la puissance publique, voici que celle-ci est plutôt saluée. Timo Wollmershäuser, responsable des prévisions à l’Institut ifo, expose clairement les raisons de cette dégradation des prévisions de croissance, en avançant que le « choc des prix de l’énergie déclenché par la guerre en Iran frappe durement la reprise, mais en même temps, la politique budgétaire expansionniste renforce l’économie nationale et empêche un glissement plus fort ».

Le titre des prévisions conjointes est du même acabit, puisqu’il s’intitule « Le choc des prix de l’énergie éclipse la relance budgétaire ». Une dynamique en droite ligne avec les récentes perspectives de l’OCDE, l’institution expliquant fin mars avoir ramené ses anticipations de croissance pour la zone euro à 0,8 % en 2026 - en baisse de 0,4 point par rapport à la précédente estimation. Les différents instituts n’oublient pas pour autant le coût pour les finances publiques de la dette permettant de maintenir la croissance à flot, leurs chiffrages évaluant qu’elle va porter le « déficit budgétaire public à 3,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026 et à 4,2 % en 2027, portant la dette brute à 67,2 % du PIB ». Bien qu’essentielle dans le court terme, la relance budgétaire amène d’une part des risques à long terme pour la stabilité des finances publiques et d’autre part induit que « des efforts de consolidation importants seront nécessaires vers la fin de la décennie ».

 

Tarir

 

Le plus inquiétant ne réside pas tant dans ces mauvaises nouvelles liées en grande partie à la conjoncture telle que la hausse de l’inflation freinant la consommation privée, ce sont les constats dans le plus long terme qui sont pessimistes. Notamment concernant l’industrie, laquelle évolue déjà de « manière moins dynamique, car ses activités internationales ne progressent guère en raison de la baisse continue de la compétitivité, de la forte incertitude géopolitique et des contraintes persistantes en matière de politique commerciale ».

Les différents instituts ne font pas de faux-semblant concernant la croissance du potentiel de production de l’Allemagne, considérant qu’elle devrait s’arrêter totalement d’ici la fin de la décennie - elle est de 0,2 % pour l’heure. Les maux allemands sont nombreux, deux sont néanmoins mis en avant plus particulièrement ; il s’agit du déclin de la population en âge de travailler en raison de la démographie à laquelle s’ajoute une diminution du nombre d’heures travaillées par personne active. Les prévisions pour l’emploi vont dans ce sens, avec une baisse « d’environ 100 000 personnes en 2026, suivie d’une augmentation d’environ 42 000 personnes en 2027 ». Le taux de chômage dans le même temps passerait à 6,4 % en 2026 avant de retomber à 6,2 % l’année suivante.

 

Judicieux

 

Le feu des critiques sur les choix du gouvernement ultra-rhénan ne s’est pas totalement arrêté pour autant. L’ensemble des cinq instituts de recherche économique signant les prévisions déclare s’opposer « aux interventions gouvernementales visant à faire baisser les prix de l’énergie à court terme, car celles-ci annuleraient d’importants signaux du marché ». À l’instar des préconisations faites pour la France, il est plutôt suggéré des mesures de compensation sociale ciblées au plus juste.

Les considérations émises dernièrement par Clemens Fuest, président de l’IFO, restent également valables. S’exprimant sur la relance budgétaire allemande, il avait alors expliqué que celle-ci « devait être utilisée pour des investissements supplémentaires soutenant la croissance économique à long terme ». Paradoxalement, son efficacité à court terme pourrait induire qu’elle portera moins de fruits dans le temps long. Reste à savoir si une montée en puissance s’opérera dans les années à venir.

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