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Laurent Ferrara; qualité; prix

Macro-économie / Taux / Rexecode / Olivier Redoulès / France / Skema

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Rexecode / Olivier Redoulès / France / Skema

La qualité des produits français ne fait pas oublier leur prix / Ses voisins européens sont plus compétitifs sur ce point

Encore et toujours le même volet qui pèche pour la compétitivité française, sa qualité prix est jugée inférieure à celle allemande et italienne par l’étude Rexecode-SKEMA 2025 de la compétitivité des exportations françaises. Des prix élevés qui ont donc du mal à passer, là où au contraire la compétitivité hors prix est bien meilleure avec une France qui se hisse sur le podium des dix pays comparés.  
Paris. Photo de JF ROLLINGER / ONLY FRANCE / Only France via AFP
Paris. Photo de JF ROLLINGER / ONLY FRANCE / Only France via AFP

Dans le rétroviseur de nombre de ses voisins. Les acheteurs européens sont en effet sans concession lorsqu’il faut juger du rapport qualité prix des exportations françaises de biens intermédiaires et d’équipement et ne la classent qu’au 7e rang sur les dix pays considérés par l’étude Rexecode-SKEMA 2025 de la compétitivité des exportations françaises. Un classement d’autant plus dommageable que l’Hexagone tire son épingle du jeu sur certaines catégories de produits.

Tout ne semble pas perdu pour autant, les auteurs considérant que les données collectées montrent que la compétitivité de la France s’est améliorée par rapport à 2021 – dernière année où une étude avec la même méthodologie avait été menée. Il s’avère qu’en moyenne pour l’ensemble des biens intermédiaires et d’équipement, "la France a amélioré ou maintenu son positionnement sur la plupart des critères ", malheureusement en demeurant au même niveau en ce qui concerne le rapport qualité prix et en connaissant une dégradation sur certaines catégories de produits.

 

Perte de vitesse

 

C’est notamment le cas des biens intermédiaires où la compétitivité hexagonale s’est détériorée pendant les quatre années écoulées, là où elle ne s’est pas améliorée en ce qui concerne les biens d’équipement mécanique. De quoi faire arguer à Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode et vice-président de la Société d’économie politique, et Laurent Ferrara, professeur d’économie internationale à SKEMA Business School et président de l’International Institute of Forecasters, que le rapport qualité prix est pour l’heure mauvais pour ces deux typologies de biens.

Il s’agirait essentiellement d’une question de prix, ceux des produits français "sont jugés trop élevés au regard de la compétitivité hors prix, pourtant jugée bonne". Les quelque 480 entreprises ayant répondu à l’enquête sont en effet conquises par la compétitivité hors prix, cette dernière bénéficiant d’une vision positive de la qualité perçue, du design, des services associés ou encore de la notoriété des marques. Loin de considérer qu’il faut délaisser ces points forts, Laurent Ferrara explique que "ce sont la qualité perçue, l’innovation technologique et la confiance dans l’offre qui font la différence à long terme" et que "pour peser durablement sur les marchés mondiaux, l’industrie française doit continuer à investir dans ces dimensions de valeur ajoutée ".

 

Cartographie

 

Il faut dire que l’ambition du rapport publié n’est pas mince, il espère à sa manière "contribuer aux efforts de réindustrialisation de l’économie française". Olivier Redoulès insistant sur la pertinence de disposer d’une forte compétitivité hors prix en ces temps de guerre commerciale, il considère qu’elle sera "un facteur déterminant dans la résilience de nos exportations face aux mesures tarifaires". Les données mises à disposition permettent à ses yeux d’objectiver le positionnement des exportations industrielles tricolores et ce sur l’ensemble des caractéristiques hors prix.

Au rang des bons élèves dont il faudrait sans doute s’inspirer, on retrouve les biens d’équipement électriques et électroniques. Les deux auteurs arguant que dans "ce secteur stratégique, la France se hisse au 1er rang mondial en matière de rapport qualité prix, grâce à un positionnement équilibré entre perception hors prix (3e) et coût jugé raisonnable (6e)". Un succès d’autant plus intéressant qu’il est en partie dû aux efforts de ces dernières années - par rapport à 2021 - avec pour l’électronique, une France qui "gagne 7 rangs en ergonomie-design, 3 en notoriété, et autant en diversité de l’offre. La qualité perçue reste stable à un haut niveau (3e rang), derrière l’Allemagne et le Japon ".

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