Macro-économie / Taux / Rexecode / émissions de gaz à effet de serre / France
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Rexecode / émissions de gaz à effet de serre / France
Retour à la normale pour la baisse des émissions hexagonales de gaz à effet de serre / Un rythme perturbé par la crise énergétique
Une parenthèse vite refermée. La France n’avait pas échappé à la crise énergétique, laquelle avait paradoxalement accéléré la baisse des émissions en raison d’efforts accrus de sobriété énergétique. Une dynamique baissière sur les gaz à effet de serre qui ne date pas d’hier dans l’Hexagone, puisqu’une réduction de 32 % est enregistrée entre 1990 et 2024.
L’institut d’études économiques Rexecode explique avoir construit une estimation d’une baisse de 2,0 % qui est supérieure à celle de l’Insee de 1,3 %. Cela s’explique par une prévision de l’activité économique différente du côté de l'institut statistique. Pourtant ces deux estimations sont à rapporter à la stratégie nationale bas-carbone, laquelle "impliquera probablement une réduction moyenne de 4,7 % par an entre 2022 et 2030". Le rythme de baisse annuelle de l’ordre de -2,0 % est bien insuffisant rapporté à cet objectif.
Évolution
Il faudrait d’autant moins se reposer sur ses lauriers que les équipes de l’institut expliquent que nous "sortons d’une période de baisse rapide, en partie conjoncturelle, pour entrer dans une phase où les progrès de la décarbonation dépendront du déploiement à grande échelle de solutions structurelles, dont l’inertie reste forte". L’insuffisance des outils actuels est également pointée du doigt, étant donné que ces derniers ne permettraient pas d’analyser intégralement l’empreinte carbone hexagonale.
Il est ainsi évoqué un phénomène où les baisses d’émissions domestiques "seraient en réalité compensées par des hausses d’émissions importées", particulièrement redoutées dans le secteur industriel ou encore du transport routier. Le photovoltaïque est également sujet à cette problématique en raison d’une production largement située en dehors de nos frontières.
Secteur
Un triptyque pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre en France. Rexecode insiste sur la disparition du moteur de la crise énergétique et sur le fait qu’il faudra désormais miser sur l’électrification, la rénovation et les énergies renouvelables pour tenir le cap. Pour l’heure, la dynamique 2025 dévoile des secteurs apportant des contributions bien différentes à l’effort collectif. Ainsi l’industrie de l’énergie ne parvient qu’à enregistrer une baisse de 1,3 % sur un an. Il faut dire que la "chute de l’utilisation du gaz pour la production électrique en 2023-2024, due à la meilleure disponibilité du parc nucléaire et aux effets de la hausse des prix du gaz, les émissions du secteur électrique, [sont] historiquement déjà faibles en raison de la forte part du nucléaire et de l’hydraulique dans notre mix de production".
Son de cloche similaire pour l’industrie manufacturière, - 1,3 %, considérée comme un contributeur de longue date à la baisse des émissions de l’Hexagone. Pourtant le repli n’est pas qu’une bonne nouvelle puisqu’en partie le fruit d’un environnement macroéconomique moribond se répercutant sur la production dans certains sous-secteurs tels que la chimie et les matériaux de construction.
La dynamique est bien meilleure pour le bâtiment, portée cette fois-ci par des émissions moindres par mètre carré de façon tendancielle. Le meilleur élève de cette promotion 2025 devrait être celui des transports à - 3,3%. Un chiffre d’autant plus prometteur que "l’accélération de l’électrification du parc automobile ne commence qu’à peine à produire des effets structurels visibles".
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