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métal jaune; WGC; dollar

Macro-économie / Taux / or / Franck Languillat / Demande mondiale / Guerre commerciale

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Un métal jaune porté par l’incertitude / Le dollar n’est plus l’alternative qu’il a longtemps été

De l’investisseur particulier, au gestionnaire d’actifs, en passant par les fonds de pension, nul n’est insensible à la flambée des cours de l’or. La Banque centrale européenne (BCE) n’échappe pas à la règle et voit quatre de ses économistes tâcher de tirer des enseignements du prix record de la relique barbare. L’avènement simultané de risques géopolitiques importants, d’une forte incertitude politique et d’une forte volatilité des marchés boursiers semble designer l’or tel un remède de choix.  
Or. Photo by DAVID GRAY / AFP
Or. Photo by DAVID GRAY / AFP

Une guerre commerciale à l’issue bien incertaine dont l’or pourrait néanmoins tirer son épingle du jeu. Alors même que le cours du métal jaune a atteint un nouveau sommet cette année, il n’est pas à exclure qu’il bénéficie à nouveau de conditions favorables dans les semaines à venir. Ce qui pourrait être le cas si des accords commerciaux sont conclus prochainement par les États-Unis avec des économies majeures telles que le Japon, la Chine ou encore l’Union européenne.

Les conséquences d’une détente diplomatique ne sont pas toutes prédictibles, cependant une baisse des rendements obligataires, une baisse de l’inflation ou une nouvelle dépréciation du dollar sont plausibles dans un tel scénario. Conjugués à une baisse des taux d’intérêt ces évènements seraient alors susceptibles de constituer de nouveaux atouts en faveur du métal jaune. Au-delà des effets propres à la conjoncture, ces derniers mois laissent pressentir une demande d’or toujours plus forte. Le billet vert ainsi que les bonds du trésor américain ayant notamment quelque peu perdu de la très grande confiance qui leur était accordée jusqu’à récemment.

 

Nouveau roi

 

La joaillerie demeure le principal débouché pour la relique barbare, il n’en demeure pas moins que son poids dans la demande d’or diminue par un jeu de vase communicant. Un constat relayé par les économistes appartenant à la BCE, les chiffres qu’ils partagent font état d’un changement récent par rapport à une "demande d’or [qui] provient traditionnellement des particuliers (par exemple pour la bijouterie), bien qu’il soit également utilisé comme actif d’investissement et utilisé par les banques centrales comme actif de réserve". Au titre du premier trimestre 2025, ce sont en effet uniquement 33 % de la production d’or qui était destinée à la joaillerie, 6 % à la technologie, 19 % aux banques centrales et près de 42 % à l’investissement.

Un retournement dans lequel s’inscrivent également les équipes d’Invesco, lesquelles constatent qu’effectivement la "demande d’or d’investissement au premier trimestre n’a pas seulement été forte, mais elle a dépassé la demande du secteur de la joaillerie, qui représente environ la moitié de la demande totale d’or". Des experts qui soulignent que c’est davantage la pause, de 90 jours sur les droits de douane "qui a fait grimper le prix de l’or, plutôt que la correction du marché des actions et la volatilité générale provoquée par l’annonce du "jour de la libération ". Franck Languillat, directeur général de La Financière de la Cité, confie à WanSquare que "sur le timing des marchés, il est difficile de se prononcer étant donné que dans ce type de séquence de fort repli boursier, les actifs les plus liquides sont particulièrement recherchés. Cela produit parfois des effets contre-intuitifs, certains acteurs étant conduits à solder en urgence des positions sur l’or pour obtenir des devises destinées à faire face à des appels de marge. Néanmoins les lois de la physique finissent par reprendre leurs droits et la demande pour l’or se fait plus grande".

 

Support

 

Pour autant cet attrait des investisseurs pour le métal jaune ne s’est pas concrétisé de la même façon suivant la typologie d’investisseurs. Là où les banques des pays émergents tâchent de se constituer des réserves solides en or physique, d’autres acteurs tels que les investisseurs institutionnels ou les ménages se tournent vers des expositions à l’or via des ETF. Les dynamiques sont parfois différentes, elles n’en demeurent pas moins orientées à la hausse estime le directeur général de La Financière de la Cité, ce dernier constate "des achats d’ETF très importants en ce début d’année, ce qui tranche avec la faiblesse de cette demande les années précédentes. En ce qui concerne les Banques centrales ce sont les mêmes acteurs qui poursuivent leur programme d’achat trimestre après trimestre, on y retrouve notamment la Pologne, l’Azerbaïdjan ou encore la Chine ".

Pour autant un consensus semblait exister avant le "Liberation Day" sur le fait que l’or soit la classe d’actifs la plus performante dans un scénario de guerre commerciale à grande échelle, les quatre économistes de la BCE arguant que c’était alors 58 % des gestionnaires d’actifs qui faisaient ce constat en février et en mars. Les conséquences ne sont pas faites attendre, notamment concernant les marchés à terme de l’or avec des contrats à terme qui ont atteint dès le début de l’année des niveaux plus atteint depuis le mois de juillet 2007.

Les experts de Francfort jugent que "la préférence affichée par les participants du COMEX pour l’acquisition d’or physique via le marché à terme indique que les investisseurs privilégient les positions longues sur l’or physique aux contrats non réglés physiquement". Cet appétit sans précèdent n’est pas sans provoquer des externalités conséquentes : ainsi, lorsque se matérialisaient les craintes que l’or ne soit soumis à des droits de douane considérables, les prix deviennent plus élevés sur le marché à terme de New York que sur le marché au comptant de Londres, le temps que les expéditions vers New York se matérialisent et que les prix s’arbitrent à nouveau entre les différentes places, de Londres à Zurich en passant par Singapour. Ce qui a pu conduire à augmenter les coûts d’emprunt et d’approvisionnement en or sur le marché londonien, Franck Languillat juge cependant que "suite aux annonces d’une pause sur les droits de douane ce mouvement s’est dégonflé, il ne s’agissait cependant uniquement que d’un transfert de stock, loin de bouleverser le marché ".

Le directeur général de La Financière de la Cité nous rappelle que "les volumes quotidiens d’échange d’or en dollar ont été multipliés par plus de quatre sur les cinq dernières années pour culminer à 440 milliards d’euros en avril 2025, un record, et ce sans conséquence sur le coût des transactions".

 

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