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Macro-économie / Taux / or / Iran / Moyen-Orient

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L’or n’a plus le vent en poupe / Le rôle des Banques centrales interroge

On avait fini par s’habituer à ce que le vent souffle largement dans le dos pour l’or, notamment en provenance des Banques centrales des pays émergents. Lesquelles disposaient jusqu’à il y a quelques années de réserves d’or pour le moins ténues et ont décidé de les étoffer. Un choix visant notamment à réduire leur exposition au dollar et qui a aidé le métal jaune à s’apprécier durant de longs mois.
Or. Photo par GEORG HOCHMUTH / APA-PICTUREDESK / APA-PICTUREDESK VIA AFP
Or. Photo par GEORG HOCHMUTH / APA-PICTUREDESK / APA-PICTUREDESK VIA AFP

Le cours de la relique barbare a du plomb dans l’aile. Après avoir volé de sommet en sommet, voilà qu’il a dévissé ces derniers jours pour des raisons qui vont au-delà de la simple nécessité pour certains acteurs de se dégager des liquidités rapidement. La nécessité de faire face à des appels de marge s’est en effet imposée à certains d’entre eux et il se pourrait également que certains facteurs haussiers pour le métal jaune aient disparu a minima dans un horizon de court terme.

C’est un avis qui était de plus en plus partagé en ce début de semaine, à commencer par John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion. Lequel expliquait que « l’erreur de nombreux investisseurs a sans doute été de considérer les banques centrales comme un soutien permanent, automatique et parfaitement lisible, alors qu’en réalité leur comportement reste structurel, discret, politique et profondément opaque ». Un triptyque de raisons est évoqué par ses soins, allant de prix élevés freinant les ardeurs d’achats à l’émergence d’urgences priorisées à court terme par les instituts d’émission en passant par un marché jugé trop tendu.

 

Tumulte

 

Cela ne signifie pas pour autant que leur soutien va disparaître pour de bon. Valentin Bissat, chef économiste de Mirabaud Asset Management, confie cependant à WanSquare qu’on « assiste potentiellement à des Banques centrales qui sont contraintes de céder de l’or pour répondre à des besoins de liquidité à court terme ». Il rappelle « que ni le Vix ni la géopolitique ne sont corrélés à l’or, ce qui l’est en revanche c’est à la fois le dollar et les taux d’intérêt réels. Les deux ont joué défavorablement ces derniers jours pour le cours de l’once ».

Des fondamentaux essentiels à avoir en tête et ce quel que soit le sujet explique Ricardo Castillo, directeur des investissements chez Mirabaud Wealth Management, ces dernières semaines ayant vu « bien souvent l’émotion prendre le pas sur la rationalité chez les investisseurs ». Il considère qu’au contraire la période exige « qu’il faille mettre le moins de biais émotionnels dans le processus d’investissement ». Cet attrait pour la liquidité qu’ont pu avoir les vendeurs du métal jaune, il le comprend d’autant plus aisément que les allocations du groupe suisse ont largement pris ce virage ces derniers jours.

 

Retour vers le passé

 

La recherche de précédent historique n’est pas dénuée de sens pour John Plassard. Celui-ci explique qu’en 1980 à la suite d’une « envolée spectaculaire (de l’or ndlr) alimentée par l’inflation, les tensions géopolitiques et une perte de confiance monétaire, l’or avait brutalement corrigé lorsque Paul Volcker avait restauré la crédibilité de la politique monétaire américaine par une hausse extrêmement agressive des taux ». L’enseignement de cet épisode est limpide à ses yeux : un actif refuge n’est jamais à l’abri de se retourner violemment dès lors que « le marché redécouvre qu’un rendement réel positif existe ailleurs ».

Les tenants du métal jaune pourraient ne pas être au bout de leur peine, puisque plus le conflit avec l’Iran dure, plus le scénario d’une Réserve fédérale ne diminuant pas ses taux devient crédible. Ce que l’analyste considère comme un « simple déplacement d’anticipation [qui] suffit à faire monter les rendements nominaux, à renforcer le dollar et à affaiblir l’attrait relatif d’un actif sans coupon comme l’or. Voilà pourquoi le métal jaune peut baisser alors même que le pétrole grimpe et que l’inflation menace ». Un paradoxe qui n’en serait pas un pour lui, puisque cette configuration pousserait le marché à acheter du dollar tout en réévaluant le coût d’opportunité de détenir de l’or.

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