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Macro-économie / Taux / BCE / Emploi / énergie

Macro-économie / Taux
BCE / Emploi / énergie

Des secteurs énergivores toujours à la merci de la volatilité des cours / Les conséquences sur l’emploi sont indissociables

Les projets de réindustrialisation ont la faveur des dirigeants européens ces dernières années, pourtant la compétitivité des secteurs intensifs en énergie est à la merci d’une hausse des prix. Des économistes, rattachés à la Banque centrale européenne et la Banque nationale de Belgique, considèrent que l’impact direct d’une hausse durable de 10 % des prix de l’électricité aurait comme conséquence une baisse de 2 % de l’emploi chez les firmes énergivores.  
L'acier européen souffre. Photo by WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
L'acier européen souffre. Photo by WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Elle est encore dans tous les esprits. L’inflation énergétique consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie est encore présente dans tous les esprits en Europe. Il est indéniable que des prix élevés de l’énergie et ce durablement constitueraient un véritable boulet pour de nombreuses entreprises du Vieux continent. Actuellement bien que le pic de 2022 soit derrière nous, les prix de l’énergie sont plus élevés que les moyennes à long terme de la zone euro et rien n’indique que la situation s’améliorera à coup sûr.

Un avis partagé par trois économistes, affiliés pour deux d’entre eux à la Banque centrale européenne (BCE) et pour le dernier à la Banque nationale de Belgique, lequel considèrent que "les coûts élevés de l’énergie menacent la compétitivité des entreprises européennes et pèsent sur l’emploi ". Leur billet de blog publié sur le site de la BCE relate l’existence d’un désavantage concurrentiel certain pour le Vieux continent. Leurs calculs font état de prix de l’électricité dans l’Union européenne qui "sont actuellement 2,5 fois plus élevés qu’aux États-Unis et ceux du gaz près de cinq fois plus élevés".

 

Domino

 

Les incidences d’une énergie plus chère que la concurrence sont immédiates pour l’emploi européen. Les trois économistes ont épluché les données de quelque 200 000 entreprises (implantées en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni) pour parvenir à cette relation entre une hausse durable de 10 % des prix de l’électricité et une baisse de l’emploi de près de 2 %, pour les secteurs les plus énergivores.

Un chiffre non exhaustif étant donné qu’ils arguent que " la perte d’un poste dans une entreprise de haute technologie et énergivore peut entraîner la perte de jusqu’à cinq emplois supplémentaires ailleurs ". Des effets indirects loin d’être négligeables et ce d’autant plus que le constat est posé que les emplois dans le secteur manufacturier de haute technologie contribuent à "créer une demande accrue de services non marchands locaux, tels que l’hôtellerie et le commerce de détail à proximité".

 

Atténuer

 

Deux solutions principales sont explorées par les auteurs du rapport, la première d’entre elles consiste en une compétitivité européenne accrue grâce à une énergie au prix plus abordable. Cependant le marché du travail ne peut pas attendre que les investissements portent leurs fruits. Des temporalités décalées impliquant qu’il faille développer la mobilité du marché du travail.

Un point de vue s’appuyant sur des précédents historiques selon lequel que des pertes d’emplois dans un secteur ou une région en particulier "ne se traduisent pas nécessairement par une hausse du chômage global". Les reconversions professionnelles sont notamment considérées avec intérêt par les auteurs, puisqu’à même de diminuer les frictions liées à ces rotations sectorielles.

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