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L’Opep s’inquiète à son tour des droits de douane / La demande de pétrole est révisée à la baisse pour 2025
Des fondamentaux pour le moins fragilisés. L’un des deux prévisionnistes de référence pour l’or noir vient à son tour de se ranger à l’évidence, la demande de pétrole n’augmentera pas autant qu’escomptée en 2025. Le point mensuel publié par l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a annoncé une légère révision tant pour l’année 2025 que 2026.
Il faut sans doute y voir une conséquence de la passe d’armes récente entre Pékin et Washington. C’est une lecture partagée par John Plassard, analyste chez Mirabaud, ce dernier arguant que "les inquiétudes liées au différend commercial entre les États-Unis et la Chine ont continué à peser sur les attentes en matière de demande ". En ce début de semaine, il considère qu’en réaction, "l’Administration américaine d’information sur l’énergie a réduit ses prévisions concernant la demande mondiale de pétrole, avertissant que des tensions commerciales prolongées pourraient freiner la consommation". Ce qui l’interpelle davantage c’est le fait que "l’OPEP + a surpris les marchés en accélérant ses plans d’augmentation de la production, suscitant des craintes de surabondance de l’offre".
Atrophié
L’incertitude induite par les différentes annonces de Donald Trump peut difficilement être perçue autrement que négativement. L’Opep soulignant d’ailleurs à quel point la différence est aujourd’hui grande entre une "économie mondiale ayant affiché une tendance à la croissance régulière au début de l’année" et dont "la trajectoire à court terme est maintenant soumise à une plus grande incertitude compte tenu de la récente dynamique liée aux tarifs douaniers". Les différentes révisions apportées aux prévisions de croissance de la demande ne sont de fait que les conséquences de prévisions de croissance économique mondiale amendées à la baisse, et ce, "à 3,0 % pour 2025 et à 3,1 % pour 2026".
La croissance en berne conduit à ce que pour "l’OCDE, la demande de pétrole devrait augmenter de 0,04 mb/j, tandis que la demande hors OCDE devrait croître de près de 1,25 mb/j en 2025". Difficile de croire à un retour à la normale de sitôt, une thèse que partage Tamas Varga, analyste chez PVM Oil, ce dernier arguant qu’il "semble que le mal ait été fait et que la crédibilité ait été perdue en 100 jours. Même si un peu de calme est rétabli, les perspectives de croissance mondiale à long terme ont irrévocablement souffert, de même que les relations commerciales, économiques et politiques, et toutes les conséquences inévitables sur la demande de pétrole".
Direction
Les décryptages prodigués par les équipes de l’Opep sont revenus sur la baisse des prix à terme du pétrole brut lors du mois de mars, près de 5 % par rapport à février, les équipes du cartel estimant qu’au cours du mois "le sentiment du marché a continué d’être influencé par les développements géopolitiques, les politiques commerciales et l’impact potentiel sur l’économie mondiale, réduisant l’appétit pour le risque des opérateurs". Une séquence qui a contribué à faire baisser les prix, renforcée selon eux par la disparation des "craintes d’une interruption de l’approvisionnement en pétrole, réduisant encore la prime de risque de l’offre". Ils attirent également l’attention sur "l’accumulation importante de stocks de pétrole brut aux États-Unis [qui] a contribué à la baisse des prix" et sur la dépréciation du dollar qui a quant à elle légèrement soutenu les prix puisqu’un tel phénomène peut stimuler la demande en rendant l’or noir relativement moins cher pour d’autres pays.
Toutefois, la baisse du dollar américain a quelque peu soutenu les prix à terme du pétrole, car une dépréciation du dollar rend généralement le pétrole moins cher pour les détenteurs d’autres devises, ce qui pourrait stimuler la demande. En outre, les données de l’EIA ont montré une baisse des stocks d’essence et de distillats moyens aux États-Unis malgré l’augmentation de la production des raffineries, ce qui a amélioré les perspectives de la demande. Si une légère hausse des contrats à terme a été constatée lors de la deuxième partie du mois, il est martelé que ces gains "ont été limités, les opérateurs restant prudents face aux incertitudes de la politique commerciale et au risque de mesures de rétorsion susceptibles d’entraver la croissance économique mondiale et d’intensifier les tensions commerciales ".
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