Macro-économie / Taux / Rexecode / commission des finances / Assemblée Nationale
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Rexecode / commission des finances / Assemblée Nationale
Ces atouts de l’économie française qui n’en seraient pas vraiment / Les causes de la croissance récente ne sont pas rassurantes
Des bonnes nouvelles en trompe-l’œil. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste France chez Rexecode, est immédiatement revenu, lors de son audition par la Commission des finances de l’Assemblée nationale, sur les paradoxes de l’économie tricolore. Il a ainsi jugé qu’en France, il y a eu "une croissance qui a été somme toute robuste mais particulièrement déséquilibrée et dans le contexte de finances publiques qu’on connaît ça ne nous semble pas particulièrement opportun que la croissance repose aussi puissamment sur l’aspect dépense publique ".
Cette caractéristique permettrait notamment d’expliquer que la croissance du PIB " a globalement été plutôt élevée par rapport à ce que les prévisionnistes anticipaient". Pourtant les équipes de Rexecode ont jugé lors de leur audition "que le scénario macroéconomique du gouvernement est probablement trop optimiste". Ils ont expliqué être en dessous des chiffres gouvernementaux et plutôt tabler sur une croissance du PIB de l’ordre de 0,6 %.
Freins
La reprise de l’économie tricolore se heurterait toujours à plusieurs vents contraires parmi lesquels un désir très élevé d’épargne des ménages. Il faut dire que les données présentées par l’économiste ont fait état de ménages ayant "extrêmement peur de la remontée du chômage". Une crainte qu’il juge certes "en partie surévaluée", mais qu’il corrobore en partie en tablant sur une remontée du taux de chômage vers les 8 % selon Rexecode.
Anthony Morlet-Lavidalie a également souhaité partager aux parlementaires ce qu’il considère être "une spécificité […] probablement assez méconnue, en tout cas très peu discutée quand on parle faiblesse de la dynamique de la consommation des ménages". Il considère qu’il "faut regarder à l’intérieur de cette consommation et on se rend compte que la consommation de service en France est extraordinairement dynamique". Pour lui il n’existe pas de sujet de potentielle faiblesse de la consommation de service, laquelle aurait même retrouvé sa tendance pré-covid, agissant " comme si les divers chocs n’avaient pas laissé de traces".
La vraie inquiétude à ses yeux et différence par rapport à nos voisins européens est "qu’en revanche, on a des ménages qui n’achètent pas de biens. C’est surtout une faiblesse de la consommation en biens qui explique le manque de croissance qu’on pourrait avoir sur ce poste".
Serpent de mer
Problème battu en brèche ces derniers mois, il ne pouvait difficilement ne pas être question de la perte de productivité et notamment industrielle. Olivier Redoulès, directeur des études chez Rexecode, considérant qu’au vu de "l’horizon de temps de 5 ans, il est difficile à croire que c’est que conjoncturel et facilement résorbable ". Son collègue arguant que "c’est toujours la complexité d’arriver à sauver les entreprises qui ont ponctuellement des difficultés mais qui ont des perspectives plutôt favorables et de laisser partir les entreprises les moins productives".
Une situation difficile à atteindre mais qui permettrait pourtant de "réallouer à la fois les emplois et le capital dans des secteurs qui ont un niveau de productivité supérieure et qui permettent à l’économie de connaître des gains de productivité". C’est pourquoi considérant les défaillances d’entreprises, il constate que "les entreprises qui malheureusement disparaissent sont plutôt des entreprises qui avaient de grandes difficultés […] on n’est pas en train de détruire du tissu viable".
Changements
L’idée d’une rotation de la demande externe vers la demande interne a également été proposée par le directeur des études, ce dernier considérant que la France "a perdu des parts de marché mais on en a regagné sur le marché domestique, puisqu’on a moins recours aux importations pour fournir notre demande". Ce qui pourrait sembler une bonne nouvelle n’en serait pas véritablement une puisque dissimulant le fait que le changement s’opère en raison d’un moindre investissement.
De la même façon, la guerre commerciale en cours pourrait avoir des effets désinflationnistes puisque des produits devant trouver une autre destination face aux barrières douanières. Ce serait pourtant négliger à ses yeux que l’incertitude et les tensions financières vont jouer également. Principale lueur d’espoir à ses yeux, un possible approfondissement du marché européen, certes hypothétique à l’heure actuelle mais qui apporterait un vrai soutien en termes de croissance économique. Il serait pour le moins bienvenue lorsqu’on considère comme Anthony Morlet-Lavidalie que l’écart de production en France est autour de zéro, ce qui signifie qu’il n’y a ni de surchauffe dans l’économie française, ni de rattrapage à attendre.
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