Macro-économie / Taux / Chine / pétrole / demande
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Chine / pétrole / demande
L’appétit chinois pour l’or noir s’étiole peu à peu / Des prévisions de demandes qui détonnent
Un précieux relais de croissance s’en va pour le pétrole. C’est peu dire que la Chine a été un moteur important pour l’or noir ces dernières années, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) rappelant que le pays "a été responsable de plus de 60 % de l’augmentation mondiale de la demande globale de pétrole entre 2013 et 2023" et que ce rôle prépondérant semble appartenir au passé. L’an passé elle a représenté moins de 20 % de la hausse, le ralentissement de la consommation de carburant y ayant été particulièrement marqué. L’AIE considère désormais que la demande en carburant pourrait y avoir "déjà atteint un plateau et que le potentiel de croissance future pourrait être très limité".
Les prévisionnistes de l’institution ne sont pourtant pas les plus pessimistes, ceux de l’Institut de recherche économique et technologique de la China National Oil Corporation le seraient un peu plus et évoqueraient quant à eux une "demande totale de pétrole (en Chine ndlr) atteignant un point de retournement en 2025 et diminuant par la suite". Il est d’autant plus frappant de constater que la consommation de carburants pétroliers y a diminué en 2024, alors même qu’une hausse de 12 % de la consommation de kérosène a été enregistrée, le trafic aérien revenant à ses niveaux prépandémiques.
Hors norme
La dynamique chinoise interpelle d’autant plus les équipes de l’AIE, que celles-ci constatent qu’il "n’existe aucun précédent historique de stabilisation de la trajectoire de croissance de la demande de carburant à ce stade". Un pays à revenu intermédiaire connaissant une croissance "robuste" de son PIB, qui voit sa demande en carburant plafonner est effectivement peu commun. À titre de comparaison, la consommation indienne et brésilienne ont quant à elles augmenté d’environ 4 % l’année dernière.
Pour autant ce retournement de dynamique est loin d’être complètement maîtrisé, étant en partie dû à "l’effondrement du secteur de la construction, historiquement une pierre angulaire de l’utilisation du gasoil", se combinant à "des dépenses de consommation atones, qui sont étroitement liées à la mobilité personnelle et à la demande d’essence, ont fait que les gains récents du PIB ont été moins gourmands en carburant que par le passé".
Tourner la page
Difficile pourtant de nier que le virage pris par la Chine vers les services et également sur la question automobile soit anodin avec "des véhicules électriques [qui] représentent actuellement environ la moitié des ventes de voitures en Chine". Une politique de longue date puisque les subventions liées à ces mobilités ont commencé à être déployées en 2009. L’AIE considère également que le nombre total de kilomètres parcourus par les passagers des trains longue distance, en hausse de 7 % entre 2019 et 2024, a contribué au déclin de la demande de carburant. Aujourd’hui, les carburants les plus consommés en Chine, ne représentent plus que près de 8,1 millions de barils par jour en 2024, ce qui est de 2,5 % inférieur aux niveaux de 2021 et à peine supérieur à ceux de 2019.
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