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JCDecaux / dividendes / résultats annuels
Les dividendes sont de retour chez JCDecaux / Ses résultats et sa structure financière le lui permettent
Les dernières assemblées générales de JCDecaux ont été similaires sur un point. Car les actionnaires du groupe ont forcément profité de ces occasions pour s’enquérir, auprès de la direction, de l’absence répétée de dividendes. Les derniers avaient été versés en 2020, au titre de l'exercice 2019. Mais le 14 mai prochain, leurs questions devraient sans nul doute se porter sur d’autres sujets. C’est en effet désormais acté : le champion de la communication extérieure va reprendre la distribution de dividendes au titre de l’exercice 2024, pour un montant de 55 centimes d’euro par action, intégralement distribué en numéraire. De quoi contenter les investisseurs individuels de l’entreprise, et d’autant plus sa famille fondatrice. Elle est, au travers de JCDecaux Holding, son premier actionnaire, à hauteur de 65,4 %.
Si JCDecaux a décidé de verser de nouveau une rémunération à ses actionnaires cette année, c’est bien parce que ses résultats de l’exercice 2024 le lui permettent. La croissance organique du chiffre d’affaires a été de 9,7 %, pour des revenus totaux ayant atteint 3,9 milliards d’euros. La conséquence d’une progression des ventes dans tous les segments d’activité du groupe, tant du côté du mobilier urbain (en hausse de 8,3 %, à 2 milliards d’euros), ayant profité d’une dynamique commerciale soutenue, que du transport (en progression de 13,1 %, à 1,4 milliard d’euros). Ce pan d’activité a été porté, de son côté, par la croissance du trafic aérien et le rebond de celui des transports en commun. Bien qu’en amélioration de 6,6 %, l’activité dans l’affichage a grimpé de manière plus ténue, mais est restée soutenue par les marchés les plus digitalisés.
Deux chiffres à tous les étages
De fait, JCDecaux n’hésite pas à mettre ses activités digitales en avant. Concernant le "digital out of home", le segment de médias qui accélère le plus rapidement, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de près de 22 % en 2024, pesant dans les facturations totales à hauteur de 39 %. Toutes les zones géographiques ont aussi traversé l’exercice sans difficulté. La Chine, qui représente désormais environ 10 % du chiffre d’affaires du groupe et qui avait été l’une des grandes raisons du recul de ses résultats lors de la crise sanitaire, a quant à elle rencontré une hausse moyenne à un chiffre en 2024. "S’appuyant sur cette forte croissance du chiffre d’affaires, tous nos indicateurs financiers ont connu une progression à deux chiffres. Notre marge opérationnelle a progressé de +15,3 %, notre résultat net de +23,8 %, atteignant 258,9 millions d’euros, combinés à une solide génération de cash-flow disponible de 231,9 millions d’euros", a souligné Jean-Charles Decaux, président du directoire et co-directeur général de JCDecaux, à l’occasion de cette publication.
La dette nette a de son côté été ramenée à 756,3 millions d’euros. En baisse d’environ 25 %, elle représente désormais moins d’une fois la marge opérationnelle de l’entreprise. L’endettement financier net a ainsi reculé de près de 250 millions d’euros en 2024, principalement grâce au cash-flow disponible généré sur la période. Les investissements financiers ont représenté un flux positif de 37,7 millions d’euros, en raison de l’encaissement de 88 millions d’euros tiré de la vente d’une tranche des parts du groupe dans APG|SGA, le leader de la communication extérieure en Suisse à NZZ, groupe helvète de presse. Ces investissements ont en partie été utilisés pour les opérations de croissance externe de l’année.
Être acteur de la consolidation
Un axe stratégique dont JCDecaux a fait l’une de ses grandes priorités, alors que son marché reste pour l’heure fragmenté. L’entreprise entend donc se positionner comme un acteur sérieux d’une consolidation qui devrait s’avérer judicieuse, afin que la communication extérieure puisse prendre davantage sa part dans l’univers de la publicité. C’est d’ailleurs pour conserver sa flexibilité financière et être en mesure de saisir les différentes opportunités en la matière que le groupe s’était gardé de distribuer des dividendes à ses actionnaires au titre des derniers exercices, malgré le retour à la croissance de ses résultats après le trou d’air causé par la crise sanitaire. "À l’avenir, nous avons l’intention d’augmenter progressivement ce dividende, tout en maintenant une répartition équilibrée de notre cash-flow disponible avec les dépenses d’investissement et les opérations de croissance externe ciblées", a d’ailleurs précisé JCDecaux. Même si ses ambitions d’acquisitions se heurtent aussi parfois aux autorités réglementaires, comme a pu en témoigner l’abandon du projet d’acquisition des activités espagnoles de son concurrent américain, Clear Channel, au mois d’octobre dernier.
Le groupe n’a pas profité de cette publication pour donner davantage de détails sur ses perspectives stratégiques de croissance externe. En revanche, les prévisions financières sont au rendez-vous : JCDecaux vise pour 2026 un taux de marge opérationnelle supérieur à 20 % et un cash-flow disponible supérieur à 300 millions d’euros. Et alors que le chiffre d’affaires du groupe avait atteint un nouveau record au quatrième trimestre de 2024, en progressant de 3,6 % en organique, il s’attend à ce qu’il s’apprécie de 5 % sur les trois premiers mois de l’année 2025, en raison d’une dynamique commerciale de bon augure. À la Bourse de Paris, les différents éléments de cette publication sont accueillis avec élan. Le titre JCDecaux fait partie des plus fortes hausses du SBF 120 depuis l’ouverture de la séance et grimpe, en fin de matinée, de plus de 12 %, autour de 16 euros.
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