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Pluxee : la prudence des perspectives éclipse le dépassement des objectifs / L'exercice 2027 devra absorber les impacts de la réforme brésilienne
La réserve affichée par Pluxee dans ses perspectives pour 2027 tient aux perturbations que rencontre l’ensemble des acteurs du marché des titres-restaurant. La réforme du Programme d’alimentation du travailleur (PAT) au Brésil, plafonnant les commissions sur ces titres et réduisant les délais de remboursement, les pousse en effet à la prudence : la tendance est logiquement similaire chez Pluxee, dont le décalage de l’exercice (s’étalant de septembre à fin août) implique que celui de 2027 sera pénalisé à la fois par un scénario de réajustement plus étendu au Brésil et par un environnement toujours incertain.
De ce fait, l’ancienne activité d’avantages aux salariés de Sodexo vise un EBITDA récurrent d’au moins 440 millions d’euros et un taux de conversion de trésorerie récurrente d’au moins 50 % sur l’exercice désormais en cours, qu’il considère comme une année de transition. Des perspectives qui se placent ainsi en deçà des résultats de Pluxee au titre de son exercice 2026. Le plancher de 440 millions d’euros prévu sur l’EBITDA récurrent fait ressortir un écart de près de 10 % avec celui de 2026 : il a progressé de 3,8 % en organique pour atteindre 488 millions d’euros. Le taux de conversion de trésorerie s’est quant à lui établi à 70 %, contre 89 % en 2025. Le retour à une croissance rentable est prévu à moyen terme, grâce à une progression organique régulière de la marge d’EBITDA récurrent et à une normalisation du taux de conversion de trésorerie. À la Bourse de Paris, la sanction ne s’est pas fait attendre : le titre décroche depuis l’ouverture et recule de plus de 17 % cet après-midi, à 11,68 euros.
Des objectifs révisés, mais dépassés
L’exercice 2026 se clôt pourtant sur plusieurs bonnes nouvelles. Pluxee a dépassé tous ses objectifs financiers, qui avaient néanmoins été révisés à la baisse à la suite de la publication du décret brésilien en novembre dernier. Alors que son chiffre d’affaires total était attendu stable, il est finalement ressorti en légère croissance organique de 0,7 %, à 1,3 milliard d’euros. Une performance qui témoigne de sa résilience dans un contexte opérationnel délicat, déjà marqué par les évolutions réglementaires au Brésil et les incertitudes macroéconomiques, notamment en Europe, ajoute Pluxee.
La hausse du chiffre d’affaires opérationnel (représentant 1,1 milliard d’euros du total) se limite, de son côté, à 0,1 % en organique sur un an. En son sein, l’activité d’avantages aux salariés – qui en cristallise la majeure partie, avec 991 millions d’euros de revenus opérationnels en 2026 – tient la cadence, avec une progression de 1,7 % sur un an. La dynamique est portée par une croissance soutenue des volumes d’affaires, proche du haut de la fourchette à un chiffre sur l’exercice. « Toutes les régions ont contribué positivement, ce qui a permis d’atténuer la pression des évolutions réglementaires au Brésil sur le take-up rate », précise Pluxee. En Amérique latine, où le chiffre d’affaires opérationnel total s’établit à 449 millions d’euros, la croissance organique aurait atteint 8,2 %, et non 1,1 %, sans l’impact du plafonnement lié à la réforme brésilienne du PAT.
Plus résiduel, le chiffre d’affaires opérationnel des autres produits et services baisse de 9,1 % en organique sur un an, notamment en raison du ralentissement de la dynamique des programmes d’aides publiques, de leur redimensionnement ou encore d’effets de calendrier.
Pluxee avait aussi indiqué que sa marge d’EBITDA récurrent serait en légère expansion organique en 2026. À 37,5 %, elle progresse finalement de 101 points de base, tirée par la hausse de la marge d’EBITDA opérationnel récurrent. Cette progression témoigne essentiellement d’un effet de levier opérationnel accru, soutenu par des gains d’efficacité et la hausse des volumes d’affaires (ils ont notamment progressé de 7,7 % dans l’activité d’avantages aux salariés).
Préparer la suite
Entrant dans un exercice de transition, Pluxee entend donc en faire un tremplin pour la suite. « Nos priorités stratégiques sont déjà en cours de déploiement : capter la croissance sur nos marchés et segments clés, renforcer notre efficacité et accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle à travers le Produit, la Tech et la Data. Cela permettra à Pluxee de renforcer sa compétitivité, son agilité et ainsi d’être mieux équipé pour saisir les opportunités à venir. Nos équipes ont démontré ce dont elles étaient capables. Ensemble, nous ferons de cette année de transition le socle de notre prochaine phase de croissance rentable », a assuré Aurélien Sonet, directeur général du groupe, à l’occasion de la publication.
Il est par ailleurs à noter que le secteur devrait bientôt y voir plus clair en France. La réforme des titres-restaurant, qui entend notamment pérenniser leur utilisation pour les produits alimentaires, ne contient, pour l’heure, pas de mesure de double plafonnement des commissions entre les restaurateurs et les supermarchés, ni de fixation (dès l’adoption de la loi, car cela pourrait être modifié par décret par la suite) d’un plafond des commissions pour ses émetteurs. Adoptée à l’Assemblée nationale le 12 octobre, elle a désormais été transmise au Sénat.
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