Evenements / Edenred / Assemblée générale / titres-restaurant
Evenements
Edenred / Assemblée générale / titres-restaurant
Bertrand Dumazy en mode désamorçage des tensions autour du titre Edenred / La régulation a aussi du bon
Avec un cours de Bourse en chute libre de 55 % depuis fin septembre 2023, à 26,9 euros, avec des plongeons selon les déclarations des autorités des pays dans lesquels Edenred opère (dernier en date de 17 % le 25 avril, lorsque le Brésil a annoncé une réforme de son programme d’alimentation des travailleurs, PAT), une mise au point a été visiblement jugée nécessaire par Bertrand Dumazy, président du groupe, qui a évoqué le sujet d’emblée, en introduction de l’assemblée générale des actionnaires, ce mercredi matin. "Même si je n’ai pas pour tradition de commenter le cours de Bourse, je vais essayer d’éclairer la situation avec des éléments", a-t-il débuté, confirmant que la chute du titre subie depuis un an et demi, s’expliquerait, pour l’essentiel, par les perspectives d’évolution de la réglementation des titres-restaurant dans les trois principaux marchés d’Edenred, à savoir la France, l’Italie et le Brésil. "C’est un sujet éminemment politique puisqu’il touche des millions de bénéficiaires dans chacun de ces trois pays, plus de 6 millions en France, environ 3 millions en Italie et 24 millions au Brésil. Le titre-restaurant a beau y être plébiscité, il est difficile de rassurer les marchés financiers face aux rumeurs plus ou moins fondées qui accompagnent ces processus ", a-t-il constaté.
Résolument confiant
Et Bertrand Dumazy de détailler la situation pays par pays. "En France, nous participons aux concertations menées par le gouvernement et nous sommes résolument confiants de l’aboutissement prochain d’une réforme équilibrée, imposant notamment la dématérialisation totale des titres-restaurant et la clarification des usages, ce qui sera bénéfique pour tout le monde ", a assuré le président-directeur général, convaincu que "sans la dissolution de l’Assemblée nationale en juin l’année dernière, cette réforme aurait vu probablement le jour depuis longtemps ".
En Italie, l’incertitude a été levée en octobre dernier, le plafonnement à 5 % des commissions marchands - la règle dans le service public - devant être étendu au cours du deuxième semestre 2025 au secteur privé. "Nous nous y préparons en procédant à un rééquilibrage entre les commissions payées par les employeurs et celles payées par les marchands. Cela aura certes un coût pour Edenred mais nous savons désormais dans quel cadre réglementaire nous allons opérer ", a-t-il déclaré.
Une grosse part de flottant
Au Brésil, l’avenir des titres-restaurant reste quant à lui en cours de discussions. "Si des articles de presse ont évoqué une possible désintermédiation du marché, en fait il n’en est rien, et là encore nous sommes confiants de l’issue de la rénovation du PAT qui devrait aboutir très prochainement comme l’a confirmé le ministre du Travail brésilien, Luiz Marinho, la semaine dernière. Le PAT aura bientôt 50 ans, il n’est pas près de disparaître au Brésil. La volonté du gouvernement est simplement de filtrer et de sécuriser le programme avec des discussions sur les paramètres du système ", a rectifié Bertrand Dumazy, espérant ainsi prochainement pouvoir penser à ces réformes menées au passé, afin que le cours de Bourse d’Edenred reparte enfin à la hausse. "L’objectif de cours moyen des 19 analystes qui suivent Edenred est à un niveau de 50 % supérieur au niveau actuel, ce qui constitue un motif d’espoir ", a-t-il partagé.
Une chute du cours de Bourse qui s’expliquerait aussi par la part du flottant d’Edenred, à 99,2 % de sa base actionnariale. Pour le reste, les activités régulées du groupe pèsent de moins en moins sur son chiffre d’affaires, représentant actuellement 43 %. "Une proportion qui a considérablement baissé ces neuf dernières années puisque nous sommes allés chercher des activités complémentaires, avec le plan Beyond, en nous développant dans la mobilité et le paiement ", a souligné le président-directeur général.
Un système bénéfique pour tout le monde
Et Bertrand Dumazy de vanter, devant les actionnaires de l’entreprise, les bienfaits de la régulation. "Il est bon de se rappeler qu’elle met en place un système plébiscité par les salariés. En Roumanie, les titres-restaurant représentent 1 500 euros de pouvoir d’achat en plus pour les travailleurs. C’est aussi essentiel pour les commerçants partenaires qui voient arriver un volume d’affaires important. En France, il est de 14 milliards d’euros de revenus annuels générés pour les restaurants et les commerces ", a-t-il chiffré.
Autre bénéficiaire : les pouvoirs publics qui certes, en France par exemple, consentent à une défiscalisation d’un coût de 1,1 milliard d’euros mais qui rapporte dans le même temps 2 milliards d’euros à l’État français, notamment à travers la TVA et les emplois créés (76 000 estimés). "Il faut penser aux aspects positifs de la régulation ", a martelé Bertrand Dumazy qui a vu le volume d’affaires du dispositif être multiplié par deux à l’échelle mondiale sur les dix dernières années.
Le groupe a par ailleurs annoncé qu’il organiserait un "Capital Market Day" le 4 novembre prochain, une autre occasion de faire le point sur les réformes à venir.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

